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Germana CIVERA - FIGURES

FIGURES : Sculpture-performance - Germana CIVERA

du 29/01/2016 au 29/01/2016

  • Performance
  • Tous publics - Entrée Libre
Une tentative d’autoportrait en collaboration avec Laurent Goldring - Un écho à l’exposition monographique « S’inventer autrement » de Sylvie Blocher.

Photographie © Mariano Herrera - 3 ème Printemps Francophone de Barcelone - 26 mars 2009.

Le vendredi 29 janvier 2016  à 19h00 , le CRAC à Sète, présente Figures de l'artiste chorégraphe Germana Civera en partenariat avec la Scène Nationale de Sète et du Bassin de Thau. Entre vidéo et peinture, entre étude anatomique et portait, cette performance est le support visuel d'un spectacle paradoxal,tant dans sa forme que dans son contenu. Réduite à sa simple présence, la chorégraphe est assise,muette, pensive, dans le prolongement de ce dispositif, tandis que l'on l'entend, en voix-off, brosser par couches successivesson « autoportrait».

« Revendiqué comme « une tentative d’autoportrait sur scène », Figures oscille entre l’installation et la performance.Un écran dévoile des vidéos du visage de la chorégraphe, immobile mais déformé par un rictus, une grimace ou une prise de vue en contre-plongée. Conçues par l’artiste Laurent Goldring, ces images aux clairs-obscurs marqués évoquent instantanément les peintures sur fond noir de la renaissance tardive. Si l’outrance des poses renvoie aussi au cinéma expressionniste, les visages présentés sont pourtant dénués de tout affect.Cette installation, entre vidéo et peinture, entre étude anatomique et portait, est le support visuel d’un spectacle paradoxal, tant dans sa forme que dans son contenu. Réduite à sa simple présence, la chorégraphe est assise, muette, pensive, dans le prolongement de ce dispositif, tandis que l’on l’entend, en voix-off, brosser par couches successives son « autoportrait ».La voix retenue effleure l’intime, tout en restant dans une distance presque objective. Puisant dans des fragments de sa vie, la narration se construit autour de son visage, de la façon dont il a été représenté, de ses changements d’identité. Il y est question de l’impossibilité de se reconnaître dans un portrait. On y entend aussi l’incapacité du portrait à représenter véritablement quelqu’un. Ainsi, Germana Civera, assise sur scène, fumant tranquillement une cigarette pendant que se déroule une performance presque extérieure à elle, reste jusqu’au bout impénétrable au spectateur. » Isabelle Gaudefroy

(....) « Qu’est-ce qu’un visage ? Est-ce la fable d’un corps ou la sculpture d’un récit ? Est-ce la trame corporelle d’une personne ou la figure pâle d’un portrait filmique peint par une caméra ? Qui sommes-nous donc : des visages dont l’expression de la face supporte la vie ou des mimiques contraintes de nos chairs qui symbolisent la mort ? Où se tient la voix quand elle échappe au corps et s’emploie à en donner seule une vision narrative invisible ? A quelle présence corporelle la figure de nos traits renvoie-t-elle ? Où donc se tiennent les images du visage et du corps quand elles échappent à la reconnaissance rassurante du regard ? Qu’est-ce qui vient à bouger en nous à la surface même de notre peau, sur les plis de la face ? Y a t-il un langage solitaire et silencieux du corps détaché de notre âme ?Ce sont de telles questions que suscite en nous le remarquable travail de Germana Civera, chorégraphe, et de Laurent Goldring, vidéaste. (...) une belle installation et-ou performance qui relève à la fois, sans exagération aucune, du cinéma, de la danse, du théâtre, de la littérature, de l’art du portrait, de la sculpture et qui se dénomme curieusement : « Figures. Sculpture-performance ». Comment cela est-il possible, comment peut-on réunir une telle multiplicité d’approches au sein d’un seul ensemble ? » (...)(...) « La substance du visage, son essence la plus simple, qu’est-ce d’autre que la vie obscurément organique ? Est-ce l’enveloppe de la peau, la trame de la chair et des muscles, la scène des contractions et convulsions, des tensions et respirations qui l’animent ?Si la vie de la chair n’est pas nécessairement animée de la moindre étincelle de vie spirituelle, le visage humain peut se montrer négativement comme celui d’une vie morte, parce que seulement animale. Et si l’on en vient à le mettre en scène en une chorégraphie très locale, à le guider pour qu’il se contorsionne, se déforme et s’immobilise en sa fixité, ou inversement s’anime de sa fixité, qu’obtient-on ? Est-ce la vie d’un masque qui nous apparaît ? Celle du masque mortuaire qui soudain en viendrait à s’animer. Ou bien, est-ce la vie obscène et vide, pulsionnelle de la chair qui nous est montrée par L. Goldring ?Une figuration qui serait une défiguration.Sommes-nous donc, nous visages, l’incarnation de cette gamme affreuse, de masques morts, de faces animales, de figures-avatars, de têtes pulsionnelles, de momies grimaçantes ? Elle devrait pourtant prêter à rire, cette galerie de Néfertiti convulsives. La chair de la face est-elle vraiment seulement faite d’une matière plastique qui ne s’animerait qu’en se déformant, telle la chair d’un mollusque, flasque et contractée, parcourue de tensions retorses, en proie à l’égarement ou à une vie veule.Cette vie que de toute façon précèdent, conservent et interrompent les souffrances, les postures grimaçantes de l’agonie ? Oui, elles la précèdent aussi. Mais, déterminé à son encontre, dans ces visages, imprimé dans l’image, il y a par ailleurs autre chose, une dimension absolument supplémentaire. On y découvre une cinétique du creusement, de l’évidemment, de la cavité, des lignes et des limites, de la trame traçante des contours. Une plastique de l’intervalle s’insinue dans l’image et l’organise. Il ne s’agit plus ni de laideur, ni de beauté, ni d’une narration, mais d’une sculpture de l’écart, d’une gymnique dans l’image des surfaces et des volumes, de leur interruption et de leur discontinuité.L’image se fait sculpture, théorie filmique des distorsions et des mouvements discrets qui donnent forme et figure. Elle vient creuser dans la matière ces sortes d’agencements qui en vérité la composent. Il s’agit de capter et d’agencer la discontinuité du continu, l’intervalle et la bordure comme sources de la déformation et de la possibilité de donner figure. De sorte que ce ne serait plus alors la seule loi d’un récit qui nous animerait et nous humaniserait, qui sculpterait nos visages, mais la plasticité étrange des contours et des intervalles, la plasticité des tournures et des vides de la chair et de l’être, en leur presque inhumanité.Ni la fable d’un corps magnifié, ni la sculpture d’un récit poétique, ne seraient plus les lois suffisantes de notre humanité, mais il faudrait aussi convoquer une physique de l’intervalle figurée dans les volumes et les dynamiques de l’être, au creux et dans les plis de la peau.À même la peau de la face, se tiendrait cette figure opaque de l’intervalle, de l’interstice, toujoursmêlée de vie et de mort. Figurable en tant que disjointe du langage, mais toujours probablementaccompagnée de sa fable. Intemporelle. » (...)  Emmanuel Brassat

GERMANA CIVERA Initiée très tôt par son père aux pratiques respiratoires et posturales du pranayama yoga, c’est au cours de sa formation à l’Institut del Teatre de Barcelone qu’elle opte pour la danse contemporaine.Elle participe à la création chorégraphique contemporaine et investit la scène internationale avec Mathilde Monnier depuis 1990, Alain Rigout, Félix Rückert, Jérôme Bel, Benoît Lachambre, Alain Buffard, entre autres.Germana Civera fonde et dirige l’association Inesperada. Ses travaux sont présentés à plusieurs reprises notamment à la Fondation Cartier pour l’Art Contemporain, Centre National de la Danse Paris, Festival International Montpellier Danse, Centre Chorégraphique National de Montpellier dans le cadre hors séries, Festival International riocenacontemporanea Brésil, La Porta Barcelone, La Caldera Barcelone, Festival franco-espagnol MIRA (Toulouse), Le Centre Georges Pompidou (Paris), le Théâtre National de Catalogne, El Mercat de les Flors Barcelone, The Rawawit Espace for Performing Arts au Caire (Egypte), Festival Transamériques FTA Montréal (Québec)…Elle est lauréate de la Villa Médicis-hors les murs/ AFFA 1998 par le projet « El trance de las tijeras » avec la plasticienne Victoria Civera.On lui a décerné le Prix d’excellence de la Ville de Barcelone pour l’oeuvre « FUERO(n) » 2008

LAURENT GOLDRING normalien, travaille depuis 1995 sur la représentation du corps en questionnant la domination actuelle de l’image analogique (photo, cinéma, vidéo) par la mise en évidence de sa très grande pauvreté. Ce qui le conduit à revisiter l’histoire des représentations du corps, à découvrir d’autres modalités de le représenter, et donc, contre la vulgate de l’épuisement, à démontrer que le corps n’a jusqu’ici que très peu été vu ou montré. Cette approche de l’image a intéressé de nombreux chorégraphes dont les questionnements ont rencontré le sien : elle a permis l’émergence d’un nouveau corps dans le champ de la danse : Germana Civera et Benoît Lachambre ont été parmi les premiers à se confronter à cette nouvelle donne.Son travail se poursuit aujourd’hui autour du portrait, avec les mêmes attendus et les mêmes effets. Ses vidéos ont été exposées partout : Centre Georges Pompidou à Paris, Fondation Gulbenkian à Lisbonne, Laboratorium à Utrecht, Hors Série à Montpellier, tout récemment à l’UQAM de Montréal dans le cadre du FIND ou encore à Barcelone dans le cadre du cycle Ruidos de fondo mis en place par la Porta. Germana Civera et Laurent Goldring ont déjà travaillé en commun à de nombreuses reprises depuis près de dix ans : le plus souvent dans un dialogue de recherche, quelquefois pour des évènements comme Protocoles au Théâtre National de Bretagne de Rennes, 100 Rencontres dispositif de performances modulaires mis en place par le chorégraphe canadien Benoît Lachambre ou encore les Hors Séries au Centre National Chorégraphique de Montpellier. 

Communiqué de Presse en pdf

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Le centre d'art sera fermé pendant l'accrochage de la prochaine exposition collective Tempête du Lundi 25 septembre au Vendredi 24 novembre 2017 à 18h30, jour du vernissage.

 

Invitation au CRAC de Carole Delga - mardi 18/7/2017 19h


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