Exposition thématique - Rouge Phospène - 13/07/2002 au 27/10/2002

Rouge Phosphène

  • Exposition thématique

du 13/07/2002 au 27/10/2002

Le projet a pour commissaires d'exposition Alexandre Pollazzon et Noelle Tissier, en collaboration avec CM Von Hausswolff.

ROUGE PHOSPHENE : entre ces mots, une sensation lumineuse, une vibration, une hallucination. Cette fiction tente d’ouvrir l’esprit aux multiples champs d’investigation traversés par les artistes invités. Image mentale, index d’une source lumineuse, électrique ou sonore, l’œuvre dans cette exposition se définit moins par l’objet qui la caractérise, que par les symptômes qu’elle crée et les marques qu’elle imprime sur le corps (rétinien, auditif) du spectateur. Elle implique pleinement le public dans l’expérience et crée avec lui une relation individuelle particulière. Le corps s’expose à ce qui est exposé.

ROUGE PHOSPHENE présente des œuvres qui expérimentent leurs conditions de réception (physique et mentale) auprès d’un public auditeur, au travers des phénomènes de flux lumineux, luminance, rémanence, anamorphose, d’apparition, disparition, étirement d’images et de sons. L’exposition affirme le symptôme comme l’effet de réponse à la perception. Les visiteurs deviennent les récepteurs sensibles des rayons lumineux et ondes sonores (comme la bande vidéo, audio, ou le papier photographique). Tel le transport des images sur l’écran qui disparaissent au fur et à mesure de leur projection, les œuvres exposées à ROUGE PHOSPHENE se chargent et se déchargent de radiations. Elles donnent à voir des ondes électromagnétiques, changent de fréquences, rallongent les durées d’échantillons musicaux, projettent rayons lumineux et faisceaux lasers, pour autant d’expériences mentales et sensorielles à vivre.

Jean-Philippe Antoine, Carl Michael von Hausswolff, Tommi Grönlund et Petteri Nisunen, Carsten Höller, Carsten Nicolai, Leif Elggren, Russell Haswell et Monika Nyström, ces neuf artistes européens explorent des disciplines aussi diverses que l’architecture, le design, la lumière, la musique, la philosophie, la peinture, la psychanalyse, la science, la sculpture, le son, la vidéo, pour des recherches fondées sur l’idée de sampling, de production musicale et la visualisation de phénomènes électriques et sonores. Tous invités à concevoir ensemble leurs projets en relation avec la configuration des espaces d’exposition. Inspirés par le site, par le contexte géographique et historique du lieu, les artistes réaliseront et orchestreront un ensemble de projets, d’interventions pour un parcours sensoriel dans le Centre d’Art. Pour le vernissage le 13 juillet à partir de 21h00 est programmé un concert événement avec CM Von Hausswolff, L. Elggren, T. Grönlund et R. Haswell.

Le phosphène, cet éclair lumineux dans le champ visuel est produit par une pression physique ou une forte intensité lumineuse sur la rétine. Il est l’effet d’une stimulation. Il est la trace d’une source lumineuse dont la durée de transmission et l’intensité varient. C’est aussi un symptôme ou un effet secondaire de certaines toxines. Ce symptôme, qui se dissout lentement, pourrait rappeler l’état d’esprit particulier que l’œuvre d’art produit sur le regardeur, la perte de repères qu’elle induit, sa dimension physique et temporelle inéluctable.

Le nouveau projet de Carsten Höller intervient sur l’éclairage et les œuvres de l’exposition par un changement de fréquence du courant électrique à 7,8 Hz selon une temporalité définie, en dessous de la fréquence dite critique, qui produit un effet de scintillement (flicker en anglais). Il modifie alors un des facteurs temporel de la perception. Ce principe d’interférence qui apparaît toutes les 20 minutes à travers les oeuvres des artistes mis à contribution crée un lien supplémentaire entre ceux-ci et les salles du centre d’art. L’exposition toute entière à travers ce recouvrement fait ainsi image et se construit moins selon un principe spatial de déambulation du visiteur de salles en salles, que selon un principe temporel de durée de l’exposition dans un format de type cyclique. Carl Michael von Hausswolff impose à ce passage fréquentiel un second niveau d’intervention en lui donnant un son. Carl Michael von Hausswolff - comme Tommi Grönlund/Petteri Nisunen et Carsten Nicolai - s’est fait connaître par ses travaux conceptuels qui rendent visibles des phénomènes immatériels comme des fluctuations électriques, sonores ou radioactives. Ces oeuvres rejoignent les travaux de nombreux compositeurs, physiciens et scientifiques qui ont inventé au cours de l’histoire de nouveaux instruments de musique, de mesure, de contrôle à la recherche d’une nouvelle interprétation de la nature. Avec Red Eyes, 2002, Carl Michael Von Hauswolff installe à hauteur des yeux et à angle droit, deux projecteurs de lumière rouge très puissants qui modifient ainsi la vision du public à l’entrée et sortie de l’exposition. Recycling Breakdown, 2002, est un système d’enregistrement du son de l’électricité des projecteurs lorsqu’ils passent à la fréquence 7,8 Hz.

Carsten Nicolai présente ici un dispositif de visualisation du son par l’effet d’un champ magnétique sur un faisceau d’électrons, intitulé Model for the visualization of sound through the effect of magnetic fields on a electron beam , 2001. Les fluctuations des champs magnétiques modèlent le design sonore d’un morceau de musique électronique composé spécialement par l’artiste pour l’exposition.

L’installation sonore et vidéo de Leif Elggren, From One Room to Another. To Create the Basic Conditions for a Transition, 2002, interroge les notions de seuil et de transition, d’universel et de personnel, à l’aide d’un simple processus de sampling d’un moment précis du film Horizon Perdu / Lost Horizon (1937) de Franck Capra, l’une des fables les plus nostalgiques du cinéma d’Hollywood d’avant guerre. Ce film raconte l’histoire d’un petit groupe de civils rescapés d’un accident d’avion au Tibet et recueillis à Shangri-La, véritable paradis sur terre, perdu dans une mystérieuse et inaccessible vallée. L’arrangement d’image et de son qu’en fait Leif Elggren, fait référence à une histoire d’utopie universelle pour révéler les possibilités d’une transition qu’elle soit spatiale, auditive, mentale ou politique.

Une autre œuvre récente de Carsten Höller, Atomium Phi , présente un principe qu’il développe sous plusieurs formes en s’appuyant sur un phénomène, « l’effet-phi », découvert par le Gestalt–psychologue Max Wertheimer en 1912 : si deux points sont projetés à fréquence rapide l’un à côté de l’autre, avec un court instant de noir entre-deux, la plupart des observateurs « voient » une balle imaginaire qui saute d’un point à l’autre. Ce processus postrétinien peut être interprété comme une manifestation de perception rémanente et soulève encore aujourd’hui de nombreuses questions.

L’environnement plastique et sonore de Jean-Philippe Antoine constitué d’une peinture exécutée sur un mur incurvé diffuse l’arrangement d’un choral de Jean Sébastien Bach l’un et l’autre « anamorphosés », qui induisent un doute sur la possibilité d’une « bonne position » du visiteur. La sensation d’étrangeté et de familiarité à éprouver concerne aussi bien les amateurs de musique baroque que ceux de Jimi Hendrix ou Sonic Youth, et tout autre visiteur.

Les peintures murales abstraites et les installations en fils luminescents de Monika Nyström, réagissent à la lumière noire, en se chargeant et en se déchargeant d’UV, et créent des espaces à plusieurs dimensions en tenant compte de la vision scotopique (nocturne) du visiteur et des phénomènes d’adaptation de l’œil à la lumière ou au noir total.

La pièce de Russell Haswell, assemblage d’éléments réflectifs traversés par un faisceau laser pris entre ses parois, forme un tétraèdre qui fractionne et projette sur les murs un espace ouvert à la contemplation. Cette appropriation d’un symbole mystique ou spirituel des tenants d’un mouvement culturel techno ou new age, se pose en outil critique des sous-cultures électroniques d’une part et de certaines théories astronomiques d’autre part. Mais c’est aussi l’hommage porté au mouvement minimaliste, par l’usage de la référence esthétique dans la construction des objets qui repose ici la question de la modernité. Russell Haswell, dans son travail visuel comme dans ses présentations audio, ne cesse de dénoncer conformisme et satisfaction dans un souci de vérité et d’authenticité.

Tommi Grönlund et Petteri Nisunen réalisent une grande installation de diodes électroluminescentes (rouge) dans la plus vaste salle du centre d’art, appelée simplement LED-Construction, 2002. Cette oeuvre spatiale, qui n’est pas sans lien avec leur formation en tant qu’architectes, génère une lumière aux impulsions aléatoires que le visiteur appréhende pourtant de manière très ordonnée. Même si toutes les diodes sont égales, les yeux distinguent des rythmes dans le champ lumineux dus au clignotement tantôt simultané, tantôt décalé, d’un certain nombre de lumières.



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