Exposition Dialogue : Melanie Counsell - Hugues Reip - 18/04/2003 au 22/06/2003

Mélanie Counsell - Hugues Reip

  • Dialogue

du 18/04/2003 au 22/06/2003

Commissariat : Noëlle Tissier

Les expositions “Dialogue” initiées il y a trois ans continuent de provoquer "la rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie" *. Artiste et artiste, commissaire et artiste, critique et commissaire, critique et critique, générations... etc. Ces rencontres entre deux univers imaginaires et artistiques - comme pour le parapluie et la machine à coudre - révèlent, contre toute attente, une force de réflexion, un lien comme une sorte de raisonnance fossile qui tendrait à prouver, s’il en était besoin, que tout est indefectiblement uni. Nous avons encore en mémoire le premier des dialogue, en 2000, entre François Curlet - une immersion dans la folie poétique - et, Didier Marcel - son prélèvement méthodique de paysage. Cette nouvelle exposition entreprend un dialogue entre Hugues Reip et Melanie Counsell. Elle pourrait s’intituler : nous sommes tellement différents, mais la résonnance... La légereté, les jeux d’échelles, les citations débridées, les relectures et réinterprétations, les clins d’œil, les jeux de formes et de couleurs, les petites sculptures de fin de repas, la précision de l’ordinaire, une certaine perversion de la banalité, les petits tas, une contamination régressive de la répétition, la compulsion d’Hugues Reip rencontre ici le poids, l’echelle qu’impose l’in situ, la lecture et l’interprétation des espaces, l’absence de citations, la rigueur des volumes, la sobriété des formes et des couleurs, la nécéssité anhistorique de Melanie Counsell. Il n’y aurait pas de poids sans légèreté, pas de lignes droites sans volutes, pas de son sans silence, pas de plume sans brise... Hugues Reip était invité en résidence à la Villa Saint-Clair à Sète en 1990 ; il a réalisé à cette époque une exposition personnelle à l’Espace Paul Boyé. Il a ensuite été invité lors de l’exposition “Du construit, du paysage” au Centre d’art à Sète en 1997 ou il présentait “Stick cutter” une installation de sculptures façonnées à partir d’une série de petits graffitis, de ceux que l’on dessine tout en téléphonant, puis à nouveau dans l’exposition “En dehors des cartes” en 1999 avec un “Toon”, personnage imaginaire joyeux et coloré, à taille humaine et réalisé en 3 dimensions. Depuis quelques temps Hugues Reip travaille sur des films d’animation, voire même des dessins animés. Il travaille la vitesse, le temps, le déplacement... léger toujours.

Entre les deux artistes, “l'umbrella” comme dit Mélanie, le “noyau dur” comme dit Hugues, c’est le dessin, la ligne même. C’est aussi une propension à souligner l’indicible, à mettre le regard où il n’est pas d’habitude, à inviter l’œil dans les replis du réel. Hugues Reip dit volontiers qu’il aurait bien aimé réaliser cette vidéo qu’a réalisé Melanie : une caméra sobrement protégée par du polystirène, filme un paysage en panoramique du haut d’un immeuble et, soudain, elle est jetée dans le vide tout en continuant de filmer. Le film 8mm “110 Euston road” (1996), est légèrement ralenti. Ce n’est pas un geste fluxus, mais plutôt une expérience à vivre poussée par la curiosité, par la nécessité de dire ce rapport de l’homme à la démesure de l’architecture urbaine. Pour Melanie, la question centrale est la sculpture : la place de l’œuvre, l’espace qu’elle occupe (la nécessité de l’espace), l’espace dans lequel elle se trouve (le sens de l’espace), le matériaux (la vérité). Il s’agit ici de véritablement répondre à l’espace tout en répondant à Hugues. Mélanie y fait une arène pour l’espace lui-même, redessine, souligne et pousse à l’évidence le volume. C’est peut-être cet axe là qui unit le travail de Hugues et Melanie : la necessité de révéler, d’extraire les formes de notre environnement architectural, urbain ou humain pour les revisiter, les réinterpréter. Le résultat est extrèmement différent. Mélanie est un vent, Hugues une plume. Mélanie en noir et blanc pétrit l’espace, Hugues en couleur, une bulle. Mélanie installe le décor du trublion. L’electron libre se ballade dans l’accélérateur pour une exposition atomique dans une boîte de résonnance

À quelques jours du vernissage (le 18 avril 2003), les œuvres n’avaient pas encore de noms, leur forme définitive était encore à venir. Hugues tournait le film d’une balle qui rebondit violemment dans l’appartement de Cedric en cassant ce qu’elle casse. La balle est redessinée, image par image, comme pour un film d’animation. La structure métallique de Mélanie (Open-ended ?), dessin parfait d’un paralléllogramme devra s’inscrire dans celui de la grande salle blanche (table à dissection ?) du Centre d’art en soulignant les défauts “organiques”de l’architecture. Le mur souple de toile collante au “gaffeur” noir, pervertira le volume rigide, face aux bulles de Hugues qu’il souhaite synesthésiques, dans la mesure où elles sont conçues pour nous donner à percevoir simultanément deux, voire plusieurs, sensations très différentes. Les plantes minuscules photographiées et aggrandies démeusurément, contrecollées en silhouettes dialoguent avec l’agrandissement d’un dessin très noir à la laque au recto qui par la porosité du papier réapparaît au verso ; et, c’est cette contamination du verso qui fait ici l’objet d’un grand tirage numérique. Là, encore, la rencontre de ce personnage hirsute qui court comme un Buster Keaton dératé, dessiné au néon, forme lumineuse comme si elle avait pris le jus... avec l’ empreinte d’un rectangle d’isorel perforé juste un peu trop aggrandi. Un parapluie, une machine à coudre... Singing in the rain, Les lumières de la ville...

* “Je me connais à lire l'âge dans les lignes physiognomoniques du front : il a seize ans et quatre mois! Il est beau comme la rétractilité des serres des oiseaux rapaces ; ou encore, comme l'incertitude des mouvements musculaires dans les plaies des parties molles de la région cervicale postérieure ; ou plutôt, comme ce piége à rats perpétuel, toujours retendu par l'animal pris, qui peut prendre seul des rongeurs indéfiniment, et fonctionner même caché sous la paille ; et surtout, comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie !” Lautréamont, (1846-1870), Les Chants de Maldoror, Chant 6, Roman I.

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