Antoinette Ohannessian - Quand on pose une chose contre une autre elles se touchent, 1998

Quand on pose une chose contre une autre, elles se touchent

  • Exposition thématique

du 11/07/2003 au 28/09/2003

Commissariat : Noëlle Tissier

L’exposition est construite comme un dialogue entre les œuvres, comme une démarche visant à suivre des liens ténus entre les œuvres exposées. Marine Hugonnier, Suzanne Lafont, Valérie Mréjen, Antoinette Ohannessian et Anne-Marie Schneider sont réunies ici pour avoir en commun la singularité d’établir une relation particulière au monde, observant et questionnant les certitudes qui le maintiennent tel qu’il est. Elles interviennent de manière tactique dans le réel, s’appuyant sur les codes et conventions qui régissent notre quotidien, et font apparaître des changements de points de vue et de perspectives possibles. C’est essentiellement leur rapport transitoire et circonstancié au monde qui les entoure qui sert ici de fil conducteur de l’exposition.

Dans son tout dernier film, intitulé Ariana, Marine Hugonnier explore l’idée de démocratie, de résistance et d’utopie. Le film raconte le voyage en Afghanistan d’une équipe de tournage dont l’intention est d’étudier comment le paysage a influencé l’histoire de la région. Ariana est l’ancien nom de cette vallée. C’est un pays de montagne où, pendant la guerre, on se battait pour les points de vues en hauteur : c'était le moyen de contrôler le pays. L’équipe tente de trouver un point de vue dans les montagnes pour pouvoir filmer un panorama de toute la vallée, mais cet accès leur est refusé en raison de sa valeur stratégique. Parce qu'ils ne peuvent pas accéder aux montagnes, ils font donc des images de ce qui leur est le plus proche et ils filment les petites améliorations de la vie de tous les jours.
L’Afghanistan a vécu 23 années de guerre contre deux des plus importantes idéologies utopistes du vingtième siècle : le communisme et le fondamentalisme et voit aujourd’hui apparaître de ce qui est peut-être une autre utopie politique : la démocratie.

“Remue-ménage 3, se présente comme la confrontation de deux registres d'images. L'un retrace la gesticulation malheureuse d'un protagoniste en train de déplier une chaise-longue. L'autre est constitué d'un groupe de quatre ombres. Les images, répétées et combinatoirement associées, décrivent une durée où les efforts du personnage sont sans cesse ramenés au point de départ. " S.L.
A travers ses photographies, apparaît la dynamique qui lie les êtres au monde, les tensions existant entre eux et les phénomènes qui les entourent. Suzanne Lafont explore ce qui fait lieu commun dans notre tradition de pensée et capte ce qui se cache derrière les apparences. Sans imposer de sens préconçu, Suzanne Lafont tente au contraire d’établir un dialogue qui garderait aux choses leur caractère instable, fluctuant et provisoire. (Monographie à paraître aux éditions Actes Sud au mois de juin, retraçant les 5 dernières années de son travail.)

Le travail de Valérie Mréjen prend forme dans les domaines tels que la littérature, la vidéo, le cinéma et la photographie et interroge les limites du langage et du réel. Les micro-récits que constituent ses vidéos et films courts mettent en scène la vacuité des mots, les fautes et tics de langage de chacun. " Le travail de Valérie Mréjen est sans doute au plus beau lorsqu’il désigne que derrière le langage, il n’y a rien, pas d’être, pas de présence, mais du vide, de l’absence, de l’impossibilité à occuper le monde " (Stéphane Bouquet).
Le monde paraît alors traité à travers le médium du langage comme s’il s’agissait d’un prisme trouble faussant le sens de ce que nous voyons.

Dans un premier temps, la pratique artistique d’Antoinette Ohannessian consiste à réellement voir ce qui est et à se laisser atteindre par une expérience pour en faire apparaître les formes incomplètes. Se plaçant dans une attitude " phénoménologique ", elle opère directement dans l’ordinaire et tente de faire résonner l’infinité des phénomènes à peine visibles dont nous faisons chaque jour l’expérience. Par un déplacement du regard, elle nous amène à reconsidérer ce que nous croyons voir et savoir : Quand on est débout les bras baissés on a les mains à la hauteur d’une table ; Quand on met une chose sur une autre, il y en a une qui s’élève ; Quand on met des choses ensemble, elles sont réunies.

Le dessin est chez Anne-Marie Schneider une écriture quotidienne qui lui évite de n’écrire qu’avec des mots. Une actualité sociale, un mot entendu ou un événement privé crée l’occasion ou la nécessité de répondre rapidement à ce qui est vécu comme une provocation ordinaire. Les dessins d’Anne-Marie Schneider représentent des informations erratiques, autobiographiques et aléatoire qui ouvrent les possibilités d’accord entre l’être et le monde. " Nous vivons en extension, formant des aléas d'architecture, en promiscuité, en masse. A l'intérieur cela n'arrête pas de bouger. Si l'on démantèle, les choses s'écroulent. Dans le fond, nous aimerions être distinct des objets, des animaux, de l'argent "
(A-M. Schneider).

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