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Exposition "Les filets d'hyphes" - Diana Policarpo

  • Monographie

du 02/07/2022 au 31/07/2022

Commissariat : Elfi Turpin et Filipa Oliveira

ENGLISH BELOW
Les filets d’hyphes (Nets of Hyphae) entrelacent plusieurs récits et représentations liés à l’usage, en bordure de la médecine moderne, des plantes, champignons et bactéries par les femmes et minorités, comme une forme de savoir et de technologie alternative donnant accès à son propre corps.
Avec un ensemble de vidéos, pièces sonores et sérigraphies sur tissu, Diana Policarpo explore ainsi l’histoire du Claviceps purpurea, plus connu sous le nom d’ergot de seigle, champignon parasitant les graminées qui serait à l’origine au Moyen Âge de la maladie du feu de Saint Antoine - l’ingestion de ce champignon présent dans le seigle utilisé pour fabriquer le pain provoquant des sensations de brûlures et des hallucinations.

Installation de Diana Policarpo au Crac Occitanie Installation de Diana Policarpo au Crac Occitanie

Diana Policarpo, vue de l’exposition Les filets d’hyphes, Crac Occitanie, Sète, 2022.
Infected Ear
, 2020, animation digitale, vidéo, couleur, pas de son, 8 min, VFX : João Cáceres Costa.
Photos : Aurélien Mole.

L’ergot de seigle était traditionnellement utilisé à faibles doses par les femmes pour faciliter les accouchements, les avortements ou pour traiter les saignements post-partum. Ce savoir curatif pratiqué par les guérisseuses et les sages-femmes a été largement effacé par les récits hégémoniques produits par la science moderne, laissant place notamment à la médecine obstétrique comme outil patriarcal de contrôle et de reproduction des corps. La découverte du LSD dans les années 1930 par Albert Hoffman et la synthèse de l’ergot en laboratoire ont terminé d’invisibiliser une toute autre épistémologie, l’histoire orale des procédés de transformation et d’alchimie de ce parasite mais aussi des relations inter-espèces que tentent de retrouver et de réactiver des activistes féministes dans des ateliers artisanaux dédiés au hacking de genre ou à l’autogynécologie.
Diana Policarpo, photogramme de "Cyanovan"
Diana Policarpo, Captures de la vidéo Cyanovan, 2020.
© Diana Policarpo.

L’exposition Les filets d’hyphes (Nets of Hyphae) de Diana Policarpo est une extension - un parasite (!) - au Crac Occitanie de Minuit (Meia-Noite), 4ème édition de la Biennale de Coimbra 2021-2022, dans le cadre de la saison France-Portugal. Pour construire cette biennale, les commissaires invitées Filipa Oliveira et Elfi Turpin se sont inspirées d’une colonie de chauves-souris vivant dans la bibliothèque Joanina à Coimbra. Cette bibliothèque du 18ème siècle - trésor de l’Université de Coimbra - a été édifiée comme un geste impérialiste visant à encapsuler le savoir européen et à soutenir le projet colonial. Cette forteresse du savoir (et du pouvoir) est également le refuge d’une petite colonie d’animaux nocturnes : des chauves-souris, qui ont trouvé dans les conditions écologiques de la bibliothèque l’endroit idéal pour leur habitat. Les insectes et les vers qui vivent dans les 55 000 livres nourrissent ces dernières, tandis que le silence nocturne leur offre une liberté illimitée. La nuit est donc le moment où elles sortent de leur cachette et commencent à travailler, chassant les insectes bibliophages et protégeant les ouvrages d’une lente destruction.
Installation de Diana Policarpo au Crac Occitanie Installation de Diana Policarpo au Crac Occitanie
Diana Policarpo, vue de l’exposition Les filets d’hyphes, Crac Occitanie, Sète, 2022.
Bodies we Care for I --- X, 2020.
Impression sur tissu, ficelle de suspension, métal. Série numérotée 1-10, 150 x 106 cm. Courtesy Lehmann+Silva, Porto, Portugal
Infected Ear, 2020 (au fond à droite), animation digitale, vidéo, couleur, pas de son, 8 min, VFX : João Cáceres Costa.
Photos : Aurélien Mole.

C’est dans cette écologie de pensée que se situe cette biennale et ses « parasites », à travers des expositions et des actions qui envisagent la nuit comme un territoire d’investigation, un espace de fluidité, un espace métaphysique, un lieu ouvert à d’autres possibilités de vision, de connaissance, d’interaction, ouvert à d’autres corps.

Elfi Turpin et Filipa Oliveira

Installation de Diana Policarpo au Crac Occitanie
Diana Policarpo, vue de l’exposition Les filets d’hyphes, Crac Occitanie, Sète, 2022.
Cyanovan, 2020 (au mur, au fond, à gauche).
Collaboration avec Paula Pin, vidéo HD, couleur, son, 10 min. 56 sec., post-production vidéo : Mariana Silva /
Bodies we Care for I --- X, 2020 (oeuvres suspendues).
Impression sur tissu, ficelle de suspension, métal. Série numérotée 1-10, 150 x 106 cm.
Courtesy Lehmann+Silva, Porto, Portugal /
Infected Ear, 2020 (oeuvre suspendue, au fond, à droite),
animation digitale, vidéo, couleur, pas de son, 8 min, VFX : João Cáceres Costa.
Photo : Aurélien Mole.


Partenaires de l’exposition :

Cette exposition a été conçue en partenariat avec Anozero, Biennale d’art contemporain de Coimbra (Portugal) dont les commissaires sont Elfi Tuprin, Directrice du CRAC Alsace et Filipa Oliveira, directrice artistique de la Casa da cerca à Almada au Portugal.
Logo de la Biennale de Coimbra 2021-22
L’installation de Diana Policarpo a été présentée précédemment à la Kunsthall de Trondheim et à la Galeria Municipal do Porto qui l’ont co-produite, sous le commissariat de Steffi Hessler.


Ce projet est soutenu par la Fondation Calouste Gulbenkian – Délégation en France, qui l’a cofinancé dans le cadre du programme EXPOSITIONS GULBENKIAN pour soutenir l’art portugais au sein des institutions artistiques françaises.

Fondation Calouste Gulbenkian - Délégation en France



Ligne de séparation

ENGLISH VERSION

Les filets d’hyphes (Nets of Hyphae) interweaves several stories and representations linked to the use, at the edge of modern medicine, of plants, fungi and bacteria by women and minorities, as a form of alternative knowledge and technology giving access to one’s own body. With a collection of videos, sound pieces and silkscreen prints on fabric, Diana Policarpo explores the history of Claviceps purpurea, also known as ergot of rye, a fungus that lives as a parasite on grasses, and was the cause of St. Anthony’s Fire disease in the Middle Ages. Ingestion of this fungus, present in the rye used for making bread, provoked burns and hallucinations.

Ergot of rye was traditionally used in small doses by women to facilitate childbirth or abortions, or to treat post-partum bleeding. This curative knowledge practiced by healers and midwives was broadly wiped out by the hegemonic narratives produced by modern science, making way for obstetric medicine as a patriarchal tool for the control and reproduction of bodies. Albert Hoffmann’s discovery of LSD in the 1930s and the synthesis of ergot in the laboratory ended up rendering invisible a completely different epistemology, the oral history not only of the transformation and alchemical processes of this parasite, but also of interspecies relations that feminist activists are attempting to find again and revive in artisanal workshops dedicated to gender hacking and DIY gynaecology.

The exhibition Les filets d’hyphes (Nets of Hyphae) by Diana Policarpo at the Crac Occitatnie is an extension —a parasite!— of Minuit (Meia-Noite), 4th Coimbra Biennial 2021-2022, as part of the France-Portugal Season. In
constructing this biennial, guest curators Filipa Oliveira and Elfi Turpin were inspired by a colony of bats living in the Biblioteca Joanina in Coimbra. This 18th-century library—a treasure of the University of Coimbra—was erected as an imperialist gesture aiming to encapsulate European knowledge and support the colonial project. This fortress of knowledge (and power) is also the refuge of a small colony of nocturnal animals: bats, which found an ideal habitat in the library’s ecological conditions. The insects and worms that live in the 55,000 books feed the bats, while the nocturnal silence gives them unlimited freedom. Night is when they come out of their hiding place and get work, hunting bibliophile insects and protecting the books from a slow destruction.

It is in this ecology of thought that this biennial and its “parasites” are situated, through exhibitions and actions that view night as a territory of investigation, a space of fluidity, a metaphysical space, a place open to other possibilities of vision, knowledge and interaction, open to other bodies.

Elfi Turpin and Filipa Oliveira

Exhibition partners :

This exhibition was conceived in partnership withAnozero’21-22 — Coimbra Biennial of Contemporary Art(Portugal), whose curators are Elfi Turpin, Director of the CRAC Alsace, and Filipa Oliveira, artistic director of Casa da Cerca in Almada, Portugal.
Logo de la Biennale de Coimbra 2021-22
Diana Policarpo’s installation was previously presented at the Kunsthall Trondheim and at the Galeria Municipal do Porto,which co-produced it (curator Steffi Hessler).


This exhibition is supported by the Calouste Gulbenkian Foundation - Delegation in France, which co-financed it as part of the GULBENKIAN EXHIBITIONS programme to support Portuguese art within French art institutions.

Fondation Calouste Gulbenkian - Délégation en France



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