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Artistes

Sylvain Rousseau


Light in Dark - Dialogue : Florence Paradeis - Sylvain Rousseau

 

Le travail de Sylvain Rousseau se construit à partir de collaborations, de citations et d'emprunts. Ces sculptures hybrides jouent sur les déplacements, les changements d’échelles et les décalages. La question de l’héritage traverse comme un leitmotiv joueur les œuvres de l’artiste et dénote son intérêt pour l’histoire de l’art. Sylvain Rousseau pratique une sorte de syncrétisme culturel, à mi chemin entre l’hommage respectueux et la subversion critique, qui fait se télescoper les doctrines de l'histoire de l'art moderne avec le domaine connexe des arts appliqués (architecture, graphisme, design) et l'artisanat (marqueterie, gravure). Les sculptures opèrent à différents niveaux de lecture un commentaire sur le statut de la nature et l’état du monde des marchandises aujourd’hui.

L’ambiance sonore de la grande salle provient de la sculpture Le Grand Cacatoès blanc (2009). La musique de Sébastien Pruvost, résulte d’une carte blanche laissée par Sylvain Rousseau pour composer une bande son inédite à la sculpture totémique de l’immense perroquet en bois et plâtre. Cette sculpture sonore diffuse par intermittence, mais invariablement, une samba entêtante, d’une durée de douze minutes et englobe la salle dans une atmosphère rituelle. Au mur, un ensemble d'œuvres au statut paradoxal : peinture, collage ou sculpture? Wall of fame (2010), réalisé en collaboration avec Yann Rondeau, est constitué de douze monochromes de couleur vive encadrés sous verre contrecollé de photomontages de portraits d’artistes célèbres accompagnés de leurs citations, le tout dans un esprit proche des affiches constructivistes. The Studio (2010) et Les Compositions magnétiques (2008) présentent des volumes aplatis. Topia (2010) dresse une palissade peinte et ajourée d’un sapin de Sibérie et d’un palmier de Californie : mémoire d’une nature rêvée, petite histoire de la guerre froide. The Studio est réalisée d’après une photographie de l'artiste Eric Tabuchi . La photographie choisie est celle d'une architecture vernaculaire improbable à la fonction oubliée, dont l'appropriation par Sylvain Rousseau la transforme en une allégorie d'atelier en formica aux couleurs années 1950. Les deux Compositions magnétiques (2008) obéissent au même processus de mise à plat du volume, par l'entremise de la photographie. Ce sont ici les compositions spatialistes de Malevitch qui servent de modèle. Sylvain Rousseau redonne du volume à des œuvres historiques qui tendaient vers une planéité objective. Des placages de bois agencés selon la composition abstraite initiale troublent la perception rétinienne des surfaces et plongent le regardeur dans un hyperréalisme sculptural. Ces Compositions magnétiques semblent sceller la réconciliation du Suprématisme avec le Constructivisme. La lente progression de Malevitch vers sa quête de l’absolu, le Carré blanc sur fond blanc (1918), s’exprime littéralement dans la sculpture Pot blanc, Pot rouge, Pot noir (2006), trois pots de peinture noire, rouge et blanche, respectivement, immergés dans un pot de peinture blanche. Looking for a tittle (2010), un cactus gravé, est une sculpture naturaliste support aux cartels des œuvres de l’artiste. La capacité régénératrice de la plante voue la sculpture à une inéluctable disparition, que n’auraient pas reniée les artistes de l’Arte povera.

 

 

Plan 6/4 - Voyez-vous ce que je vois ?

Et in arcadia ego, 2004

Comme Witold décèle des signes manifestes et des figures mystérieuses dans le plafond de sa chambre, ou comme Borgès sait parfaitement décoder la toison du guépard, les fissures du panneau de Sylvain Rousseau laissent impérativement apparaître ce crâne. Il n’y a pas ici d’autres lectures possibles, aucun autre signe à déceler : le mur lézardé, le dessin d’un crâne. Bien sûr il y a là l’évocation première d’une vanité si chère au XVI ème siècle. D’ailleurs Sylvain Rousseau ne cache pas sa fascination pour cette phrase de Leonard de Vinci : “Si tu regardes des murs fissurés, souillés de beaucoup de tâches, ou faits de pierres multicolores, avec l’idée d’imaginer quelques pierres, tu y trouveras l’analogie de paysages ou décors de montagnes, rivières, rochers, arbres, plaines, larges vallées et collines de toutes sortes. Tu pourras y voir aussi des batailles et des figures aux gestes vifs et d’étranges visages et costumes et une infinité de choses que tu pourras ramener à une forme nette et complète. Et, il en va de ces murs et couleurs comme du son des cloches. Dans leurs battements, tu trouveras tous les sons et les mots que tu voudras imaginer.” Mais il n’y a pas seulement ici cette réminiscence d’Histoire. Il y a dans cette lézarde une agression, une brutalité - trivialement, le panneau est attaqué à la défonceuse. Le mur, symbole si lourd, exprime sa douleur contenue, suinte du retour des morts vivants, exhorte à la vengeance d’outre tombe.

Cette lézarde, chauffée à blanc sous les sunlights du white cube, menace-t-elle de destruction finale nos pâles cimaises aveuglées ?

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