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Artistes

Matts Leiderstam

Né(e) en 1960
à à Gothenburg, Sweden
Vit à Stokholm et travaille à Malmoë

Le travail de Matts Leiderstam développe un intérêt particulier pour le désir que l'on éprouve envers une oeuvre d'art ou par là même, envers une personne. Les peintures de Claude Lorrain et de Nicolas Poussin ont été de nombreuses sources d'inspiration pour les paysagistes du XVIIIe siècle transmettant ainsi un érotisme délibéré. Les parcs publics modernes, les aménagements d'aire de repos constituent l'héritage de ces paysages idéalisés. Ils sont les lieux de prédilections pour toute personne en quête de rencontre fortuite, à la recherche d'un regard, d'un signe propice à l'échange amoureux. Matts Leiderstam unit dans ses travaux l'histoire de l'art et la culture homosexuelle. Matts Leiderstam interroge cette part de mystère dissimulée dans les codes cachés du cruising* et de l'histoire de l'art. (* Le " cruising " dans le vocabulaire homosexuel désigne le fait d'aller à la rencontre de signes divers qui indiquent les lieux de rencontre. Ces lieux localisés dans le monde entier sont repertoriés dans le Spartacus, guide touristique pour homosexuels.)

Matts Leiderstam


L'observation attentive de la peinture, lorsqu'il s'agit de la reproduction d'un paysage idéal, à l'instar des peintures victoriennes révèle des strates de symboles dont les sens cachés appartiennent à l'érotisme. De même les parcs procèdent par imitation des modèles arcadiens classiques, qu'ils se doivent reconnaître, mais en réalité ils se délectent d'une reconstruction de la nature, et peut être de l'histoire. D'une certaine manière, il y a similitude avec les gay cruising dans les parcs. Ici comme dans n'importe quelles formes de séduction, l'échange de regard est le signe privilégié du consentement. Matts Leiderstam traite simultanément de cet instant érotique focalisé lorsque l'on fixe une peinture pour la première fois et qu'elle nous renvoie ce regard.


Matts Leiderstam nous incite à revisiter la peinture. Il mime lorsqu'il copie et fantasme à propos de l'espace de la peinture originale. Il change la lumière, modifie les regards, supprime les silhouettes et réalise une copie à l'aide d'une technique différente de l'original "intact" ou plus justement "innocent", il les juxtapose pour en révéler la différence. C'est cet écart entre les deux qui crée le lien. La question du temps et de l'espace est une part prépondérante dans l'oeuvre de Matts Leiderstam. Il propose au visiteur dans cette exposition une promenade dans ces "parcs" remis en scène, créant ainsi des situations particulières, subtiles mais qui sont déjà des installations subversives.

Matts Leiderstam

Au musée du Louvre, Matts Leiderstam réalise une copie de Nicolas Poussin, Le Printemps ou Le Paradis Terrestre, sur laquelle certains détails ont été modifiés pour la différencier de l'original. Il a ensuite placé cette copie dans le Parc des Buttes-Chaumont, lieu de cruising. Le Parc des Buttes-Chaumont a été conçu par Jean-Charles Alphand en 1864, commandé par le Baron Haussmann, dont on connaît l'immense chantier de restructuration de la capitale, édifications des grands boulevards parisiens permettant une surveillance efficace. L'imitation de la nature va jusqu'à ces grottes en béton pleines de stalactites, ces surfaces rocheuses dissimulées, cette cascade, cette île, ces rampes en faux bois. Ce paysage hautement idéalisé et artificiel est qualifié dans le guide homosexuel Spartacus de "AYOR", At Your Own Risk (à vos risques et périls).

Matts Leiderstam reproduira sept fois Le printemps ou Le Paradis terrestre, de Nicolas Poussin. Il fait disparaître, ou plutôt il oublie aimablement les figures d'Adam d'Eve et de Dieu. En se concentrant sur la reproduction du seul paysage, il paraphrase la peinture, et adopte un autre langage pour faire surgir d'autres souvenirs du psychisme et de l'histoire. Il abandonnera sa peinture dans la grotte du Parc. La seule trace qui demeure de son existence est une photographie de la peinture abandonnée. Matts Leiderstam nous invite à pénétrer dans cet espace éclairé uniquement par la projection d'une diapositive du Parc des Buttes-Chaumont sur un écran monumental donnant ici toute la mesure du lieu. Cette représentation du Parc fait apparaître l'abandon de la copie du Printemps ou Le Paradis Terrestre sur un chevalet devant une cascade. Matts Leiderstam nous convie à faire l'expérience physique de la réplique de cet endroit. Il utilise le principe de la copie, la mise en scène, la projection et le dispositif de l'écran qui délimite l'espace en deux parties : devant et derrière, lumière et obscurité. La projection de notre silhouette sur l'image du Parc des Buttes-Chaumont nous incite à mener notre propre expérience d'une éventuelle rencontre. Rencontre avec l'art, rencontre avec quelqu'un, échange de regard, double jeu de la séduction.

Matts Leiderstam

Ce n'est pas tant la notion du sublime qui constitue le principal intérêt de Matts Leiderstam mais peut-être le charme répété, le jeu d'esprit qui pourrait prendre place dans cette mise en scène du paysage. Les paysages sont chargés de doubles, doubles sens. Chaque fois que l'on regarde la peinture, la scène est renouvelée : une sorte de paysage de cruising avec les outils du "white cube"(Centre d'Art).

J'utilise le procédé classique de la grille comme un dispositif de mesure pour comprendre la structure sous jacente de la peinture. L'original est peint en une succession de couches qui vont de l'intérieur vers l'extérieur alors que la copie fait le cheminement inverse. Les meilleures copies sont celles qui ont été peintes proches de l'époque de la réalisation de l'original. De nos jours, une copie ne se fait plus dans la ressemblance mais plutôt dans la différence. Peindre une copie d'après Poussin c'est une tentative d'être au plus près de ma propre réflexion sur ces paysages. M.L.

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