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Artistes

Exposition Dialogue - Celeste Boursier-Mougenot, Santiago Reyes, Benyounès Semtati - 19/01/2002 au 14/04/2002

Santiago Reyes

Né(e) en 1971
à à Quito, Equateur
Vit et travail à Paris

"Qui est Santiago Reyes ? S'il est malaisé de répondre à cette question, parce que ses multiples activités refusent, à l'instar de nombre de ses contemporains, de se cantonner à tel ou tel genre : vidéo, performance, photographie, installation, c'est donc qu'il faut poser, peut-être, une autre question. Par exemple : Où est Santiago Reyes ? Originaire d'Equateur, ce pays divisé par la fameuse ligne fictive du méridien, après des études en France, à Paris et à Lyon, Reyes se déplace, voyage, observe, enregistre. On dira : artiste nomade, documentariste, pittoresque, exotique, etc. On se trompera, car cela désigne encore des places, des appartenances, des recettes. Santiago Reyes est plus ambitieux, il vise la discrétion ; c'est pourquoi il se tient en retrait. Telle est sa méthode : moins faire, que faire faire. On aura reconnu la définition du metteur en scène. Mais, entendons-nous d'une espèce qui travaille moins à fabriquer du spectacle que ses contours, ses conditions de possibilités, ses zones d'incertitudes” . (1)
”La relation d'un côté, l'isolement ou le repli narcissique de l'autre, voilà une alternative dialectique qui semble récurrente à première vue lorsqu'on se trouve face à l'ensemble des œuvres de Santiago Reyes.
.../... Les relations tissées varient dans leurs multiples possibilités au cours de l'évolution de la pratique de l'artiste, à partir d'un motif qui fraye toujours un peu plus la notion d'interchangeabilité des places. Les dispositifs conservent quant à eux une grande simplicité formelle empruntée à l'ancienne autorité historique minimaliste ou conceptuelle, en y injectant néanmoins souvent une qualité qu'on pourrait appeler un certain baroque, s'éloignant de toute prétention à l'auto-référence ou à la neutralité”. (2)

(1) Extrait de Jean-Pierre REHM, Galerie G Verney-Caron, Parcours associés, Villeurbanne 2001
(2) Extrait de Simon Duhamel, "Ni couple ni paire, Santiago Reyes et l'universel"

 

 

Salle N° 7 : T-shirt de l'amour propre, 2002 - performance, installation à la suite, enregistrement & projection vidéo sur moniteu de la performance

 

Santiago Reyes est un réalisateur d'événements, un metteur en scène. Très proche de la chorégraphie, danseur lui-même, il installe divers dispositifs scéniques pour mettre en question le regard, l'individu et son point de vue singulier.
T-shirt de l'amour propre, est une revendication warholienne de l'individu, son existence face au monde, sa spécificité, son corps, son histoire, sa façon d'exister. L'artiste fait intervenir une trentaine de performeurs dans une des salles du Centre d'art.

L'événement est filmé, photographié et restitué ensuite durant l'exposition dans un dispositif conçu comme une installation plastique spécifique.

 

Danseurs : Hind Benali, Waldemar Kretchkowski, Pierre Reixchach, Lonaïs Faillais, Hamdam Alia, Céline Saraiba, Vanina Parolin, Sébastienne Clavel, Fabrice Ramalingon, Mickaël Phelippeau, Jean-Baptiste Durier, Annie..., Caroline Polge, Laura Visse, Mathieu Chauvin, Frédéric Pouillaude, Mathilde Monnier, Santiago Reyes, Rachid Sayet, Chourouk Hriech, Paula Vargas, Adriaan van der Merwe, Pascale Poignot, Sébastien Dolidon, Tania Arias-Winogradow, Aline Buscail, Typhaine Heissat.

 

Production Centre régional d'art contemporain Languedoc-Roussillon, Sète

 

 

 

Salle N°5 : Bruxelles, Milan, Sète ... Vidéo ds villes, (work in progress)


La mise en scène est très réglée, elle obéit à une véritable chorégraphie. Les deux personnages entrent et sortent du champ de la caméra trois fois. Car la scène est chaque fois tournée depuis trois points de vue différents. Il n'y a ni rencontre ni dialogue entre les deux personnages et leurs regards s'évitent. C'est d'ailleurs peut-être la fonction de ces trois points de vue que d'entériner cette absence de rencontre par la confirmation du fait que la coïncidence sur un même plan de l'image est une illusion et qu'en réalité cette coïncidence est un éloignement réel dont on se rend compte lorsque l'on se déplace dans un espace à trois dimensions. Le modèle de cette idée est fournie par les étoiles qui, toutes proches qu'elles puissent être sur le plan du ciel nocturne, sont en réalité parfois très éloignées sur le plan de la profondeur. (.../..) Santiago affirme de ce travail que s'il y a une pièce qu'il a voulu légère c'est bien celle-là. En effet, les pensées doublées en voix-off de tous ces personnages, un garçon et une fille à chaque fois, se rapprochent d'interrogations quotidiennes très générales, voire génériques. Mais justement que signifie ce caractère unitaire des préoccupations à travers toutes les diversités sexuelles et culturelles (ainsi les mêmes phrases sont indifféremment doublées par un garçon ou une fille) ? Que signifie cette inscription de la scène dans un décor anonyme à part la volonté de s'écarter de tout pittoresque? Nous pensons pour notre part que la santé de cette affirmation de l'unité réside dans le fait qu'elle prend le parti de se réapproprier une catégorie de l'universel injustement confisquée par le marché de la communication. C'est donc finalement un travail qui mêle élégamment la politique et le privé, s'éloignant de toute agit' prop' par l'ouverture conservée de la polysémie. Le fait que tous ces personnages pensent la même chose fait référence dans ce cas plutôt à un " genre humain " qu'à une uniformisation des consciences. Ce fait évite l'alternative qui consisterait soit à se replier sur un particularisme culturel, soit à se laisser écraser par un modèle dominant. Ces croisements de personnages en transit, perpétuellement déplacés d'un côté à l'autre d'un espace neutralisé, presque dématérialisé, sont en quelques sortes des voyageurs de l'esprit et du souvenir. Santiago dit lui-même que cette pièce se rapproche de la carte postale, cette image voyageuse qui est elle-même un souvenir très personnel parfois écrit derrière l'image d'un lieu très public. D'ailleurs les cartes postales tout comme les lettres d'amour disent toujours la même chose. Pourtant cela ne les empêchent pas d'être très intimes et émouvantes. Le temps et les lieux se confondent dans cet espace mental du souvenir où toutes les contiguïtés deviennent possible. (3)

(3) Extrait de Simon Duhamel, "Ni couple ni paire, Santiago Reyes et l'universel"

 

 

 

Salle N°8 : Le divan piedestal de la salle d'attente d'hier / France, 2002 -installation


C'est un lieu isolé par des tentures et qui offre au visiteur le loisir de lire la presse quotidienne de la veille. C’est une façon là de faire entrer ”les réalités du monde” dans un lieu de culture, et de ”fonctionnaliser” l’œuvre dans sa relation au public. ”Quoi de plus périssable également que le journal, périmé à peine finie sa lecture ? Cette figure de la temporalité en même temps que du débat démocratique est mise en scène dans Le Divan-piédestal de la salle d'attente d'hier. Il s'agit d'une banquette circulaire, fabriquée toujours aux même dimensions mais dont le dessus, molletonné, possède une " réserve " dans ce molleton, correspondant à chaque fois à la forme précise qu'adoptent les principaux journaux du pays concerné, lorsqu'ils sont disposés dans cette espace. Les journaux sont remplacés chaque jour mais possèdent toujours un temps de retard. Ce sont les journaux de la veille. La salle d'attente d'un médecin par exemple, est toujours ainsi remplie de vieux magazines et de journaux périmés. Le divan est là pour que les visiteurs s'en servent, s'y rencontrent. Si les journaux sont périmés c'est peut-être pour laisser une plus grande chance au dialogue de s'établir. Là encore la communication interpersonnelle est valorisée dans son caractère non seulement chaleureux et intime, mais plus immédiat, possédant sur l'écrit un temps d'avance. Comme dans la dernière vidéo de Sanitago Reyes dont nous avons parlé, la communication est court-circuitée, décentrée, rendue en somme plus ouverte et démocratique. Ce que se disent les personnes qui se rencontrent peut bien n'être qu'un ensemble de banalités, comme les pensées intimes auxquelles se livrent les acteurs de Sheffield, Quito, Paris, celles-ci auront néanmoins court-circuité un certain pouvoir ou émanation centrale de l'information, incarnée par le journal. La salle d'attente peut être vue comme un lieu, au départ froid, où l'on attend l'autre, l'autre patient avec lequel on pourra partager ses soucis, ou bien l'autre médecin qui nous accueillera et nous protégera, qui nous soignera. Et c'est ce qui permet de dire que là encore dans cette pièce il s'agit de l'amour, car ce qu'il faut savoir c'est qu'une chanson très célèbre en Equateur dit : " Tu m'as laissée comme le journal d'hier ", c'est-à-dire comme ce qu'il y a de plus inutile, de dépassé”. (4)

(4) Extrait de Simon Duhamel, "Ni couple ni paire, Santiago Reyes et l'universel"

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