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Artistes

Exposition monographique : Etat second - Régis Pinault - 26.10.12 > 13.01.13

Régis Pinault

Né(e) en 1968
à Lyon
Vit et travaille à Paris


ETAT SECOND

“  Que l'abstraction se trouve emprunter en l'occurrence les modalités du mime n'est paradoxal qu'en apparence : l'abstraction comme on le sait a aussi été construite, et héroïquement, sur l'excès d'attention que des artistes ont su porter aux qualités les plus concrètes des moyens de la production artistique. Tant il est vrai que toute démarche d'abstraction (c'est aussi le cas du langage) ne propose l'expérience d'un écart par rapport au réel que pour mieux nous y ramener, mieux, c'est-à-dire plus (ou au moins différemment) lucides.  ” Jean-Philippe Vienne in catalogue “  La Box 96  ”, La Box, Bourges, 1996.

L'ensemble d'œuvres en situation présenté dans l'exposition “  Etat second ” joue sur l'idée d'un état perceptif modifié qui bouscule les certitudes du visiteur et sollicitent son lâcher prise. Régis Pinault joue avec la polysémie des formes, des mots et du langage pour mieux déconstruire le réel et susciter l’imaginaire du spectateur pris dans un va-et-vient entre réalité et fiction, prosaïsme et poésie, analyse et contemplation. La coexistence de différents degrés de réalité, l'association d'images du quotidien empruntées à différents langages de la représentation (art, publicité, design, photographie, cinéma) sont à l'origine du sentiment d'inquiétante étrangeté suscité par les œuvres.

A l'accueil du CRAC,  affiché au mur, le motif agrandi de la peau d'un serpent stimule la perception rétinienne du visiteur en fonction de sa distance par rapport à la photographie. La nature de l’image est déplacée : de motif animal elle devient paysage imaginaire abstrait. Le dispositif de l'œuvre “  Seconde nature  ” se prolonge dans l'espace d'exposition. Le motif subi une nouvelle mutation. Il prend corps sous la forme d'une seconde “  peau  ” que le visiteur peut entrapercevoir lors de ses déplacements.

 

Réalisation vidéo © Aloïs Aurelle - octobre 2012


Plus loin dans le CRAC, un ensemble d'objets perceptibles à travers le cadre d'un panneau d'affichage figure une mise en scène d'indices qui convoquent tour à tour une  légende cosmique, un film policier, une expérience pseudo-scientifique et une surveillance animée. Débarrassé de ce qui l'encombre, le contenu qu'on y projette, un panneau d'affichage légèrement suranné devient le “  Panneau  ” pensé dans sa rêverie. Il s'appuie sur son propre reflet déformé, comme le reflet du panneau dans l'eau. Une brassée de fils métalliques ondulés jaillit du mur. L'objet - des tuteurs à tomates ayant subi un traitement de surface par anodisation - se voit adresser une interprétation mythologique. “  Bérénice  ”, figure légendaire ayant donné son nom à la constellation de Bérénice, se matérialise dans la fascination exercée par les variations du spectre coloré de l'œuvre. Le paradoxe d'un coupable “  au dessus de tout soupçon  ” dans le film éponyme  de Elio Pétri se révèle dans les empreintes anonymes d'un coupable en suspend. L'espace projectif de l'œuvre “  Effet contrôlé  ” décompose les deux temps d'une scène absurde  : l'instant précédent l'impact d'un maillet de croquet dans une bulle de verre et le résultat final du verre brisé. Accrochée en hauteur, une enseigne lumineuse anthropomorphique déjoue la malveillance d'une caméra de surveillance.

Dans la continuité de cette reconfiguration du réel, une œuvre analytique déconstruit le “  syndrome de Stendhal  ”. L’émoi provoqué par l’art et décrit par l'écrivain est transposé sous la forme d'une peinture murale et de son équivalent fonctionnel sous forme de mobilier. L'illusion de camouflage suggérée par la représentation picturale d'une écorce de platane peut être contemplée assis sur des poufs dont la hauteur et la couleur correspondent aux différents taux de CMJN (Cian, Magenta, Jaune, Noir) contenus dans l'image imprimée. Autre mesure pour le regard, le logo “  APDV  ” est apposé sur le bas du mur. La forme se suffit à elle-même. Le “  a dans le p  ” sont typographiés d'après des instruments de la vision  : face-main, lorgnon à une branche ou masque loup. Le d est l'image en miroir inversé du p. L'acier poli renvoie l'image du visiteur “  à perte de vue  ” dans le dédale des “  mythologies  ” du regard inventées par les artistes depuis les avants-gardes. “  Ces quatre lettres au dessin géométrique font écho aux objets spécifiques de Donald Judd, aux toiles découpées de Frank Stella ou encore aux dalles en acier de Carl André (concepts de platitude, de composition modulaire, d'emploi de matériaux bruts, de sculpture comme lieu...). Le coin du miroir se lève. "Ce que vous voyez est ce que vous voyez", la formule de Frank Stella ouvre une perspective "à perte de vue", aussi loin que le regard porte, jusqu'à l'horizon des époux de Jan van Eyck.  ” (Yvon Nouzille)

Une salle dans la pénombre, où tout fait image, où tout n'est que jeux d'illusion, artifice, atmosphère cinématographique, est perçue dans le laps de temps nécessaire à la prise de repères dans l'espace. La lumière faiblarde des  néons se liquéfie.   L'œuvre “  Vision  de nuit  ”, réalisée par Régis Pinault avec l'artiste Valérie Du Chéné, déconstruit le processus de fabrication d'une image cinématographique  : le décor, la lumière et l'atmosphère. Les deux artistes sont partis d'un paysage qu'ils ont perçu ensemble un soir au bord du canal de l'ourcq à Paris. De face, l'œuvre renvoie à l'image photographique dont le grain est rendu par le filtre du premier plan, sur le côté se révèlent les différents plans du décor.   Le résultat fonctionne par strates. “  Promenade  ”, constituée de faux éléments de mobilier urbain “  faits mains  ”, structurent le déplacement du spectateur dans l'espace.

Les pensées de Régis Pinault pour cette exposition sont dédiées à Yvon Nouzille

 

 

Biographie

 


ETAT SECOND

 



Accueil – I. Seconde Nature, 2012 - photographie numérique transfert sur gant blanc - Production CRAC LR

Salle 3 - I. Le syndrome de Stendhal, 2012 - peinture murale - Poufs C,M,J,N - Production CRAC LR

Salle 3 - 2. APDV, 2012 - acier poli miroir - Production CRAC LR

Salle 4 - I. Fluo, 2012 - néons, résine - Production CRAC

Salle 4 - 2. Régis Pinault & Valérie du Chéné : Vision de nuit, 2012 - Production CRAC LR

Salle 4 - 3. Promenade, 2012 -tubes de carton, boules de polystyrène peintes aluminium , dimensions standard - Production CRAC LR

Salle 8 - I. Panneau, 2012 - tubes de laiton - Production CRAC LR

Salle 8 - 2. Effet contrôlé, 2012 - maillet à croquet, sphère de verre, microbilles verre - Production CRAC LR

Salle 8 – 3. Je te vois, 2012 - caisson lumineux - Production CRAC LR

Salle 8 - 4. Bérénice,  2012 - 50 tubes aluminium torsadés, anodisés - Production CRAC LR

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