Envoyer à un ami |  Imprimer | Contraste | A+ | A- | A=

Artistes

Exposition (légende) - 26/10/1997 au 31/12/1997

Sadie Benning

Né(e) en 1939
à San Francisco, Californie - USA
Vit et travaille à New York

Depuis l'âge de 15 ans Sadie Benning utilise sa caméra Fisher Price noir et blanc comme une seconde peau. Il s'agit pour elle d'écrire un journal dans lequel l'image domine, un journal où elle essaie de traduire ses sensations et ses pensées, celles d'une adolescente qui découvre la vie.

 

Sadie Benning

 

Sadie Benning est une vidéaste qui a commencé à tourner des bandes vidéo à l'âge de quinze ans en utilisant une caméra PXL-2000 de Fisher-Price, c'est-à-dire un jouet d'enfant. A 19 ans, elle est célèbre, le Washington Post lui consacre une interview, ses bandes sont montrées dans tous les festivals vidéo américains et européens. Entre 1989 et 1992, Sadie Benning tourne neuf bandes vidéo, toujours avec sa caméra Fisher-Price. Celle-ci est une ratée commerciale, que le fabricant retirera du marché après quelques années d'insuccès, mais elle est entre temps devenue une caméra-culte dans le milieu de la vidéo américaine. Les particularités techniques de cette caméra se traduisent par une image noire et blanche au grain extrêmement grossier (on a appelé cet effet la Pixelvision), entourée d'une sorte de cadre noir qui réduit sa surface à l'écran. Pour Sadie Benning, qui l'a reçue en cadeau d'anniversaire de la part de son père (le cinéaste James Benning), cette caméra va devenir une véritable marque de fabrique. Pratiquement sans sortir de sa chambre d'adolescente, elle tourne des bandes qui empruntent la forme d'un journal intime mêlant images, textes lus et textes écrits. A New Year (1989), sa première bande, est un document de quatre minutes sur les sentiments d'une adolescente découvrant son homosexualité. Sadie Benning entretient un rapport d'intimité extrême avec sa caméra ; elle la promène sur son corps et surtout sur son visage en d'incroyables gros plans, sans plus avoir besoin d'utiliser le viseur pour savoir ce que l'image sera. La force des bandes de SadieBenning, c'est qu'elles donnent à voir et à entendre les transformations en train de se faire dans le corps, la psychologie, la vie affective et sexuelle d'une jeune lesbienne. Me andRubyfruit (1989) est une bande-charnière, dans laquelle la problématique érotique lesbienne est explicite. Les travaux suivants, If Every Girl HadDiary (1990), Jollies (1990), A Place Called Lovely (1991) It Wasn't Love (1992) et Gril Power (1992) conservent la fraîcheur des premiers travaux, mais Sadie Benning s'y révèle de plus en plus consciente de ses particularités stylistiques, jusqu'à développer une certaine ironie. Le montage, notamment de la bande-son, révèle une complexité que la brutalité des images tend à dissimuler.
En 1994, elle réalise German Song, en partie avec une caméra normale et en partie en super-8, sans se mettre en scène, mais en gardant le fil narratif de l'initiation à la vie d'une jeune fille qui traverse des paysages urbains. Plusieurs éléments dans cette bande rappellent les précédentes, comme par exemple l'image furtive en Pixelvision de Sadie Benningen train d'embrasser une autre fille, entrevue sur un moniteur dans un plan bref au milieu de la bande. The Judy Spots (1995) et Flat is Beautiful (1998) ont suivi, ces deux bandes étant également partiellement tournées en Super-8 et en vidéo.
Sadie Benning a commencé son travail et est devenue célèbre alors qu'elle était très jeune et parfaitement autodidacte. Au milieu des années 90, elle a entrepris une formation artistique à New York, où elle a obtenu un Master of Fine Arts à la Milton Avery School of the Arts du Bard-College en 1997. Ses bandes sont montrées dans tous les musées, institutions et festivals d'Amérique et d'Europe depuis le début des années 90. Son travail n'est pas seulement reconnu par la communauté gay, il s'inscrit avec pertinence dans la mouvance post-féministe des années 90. Comme beaucoup d'artistes gays ou faisant partie de minorités, Sadie Benning, à l'instar de la plupart des femmes artistes américaines des années 90, opère une sorte de retour aux positions esthétiques des féministes activistes des années 70 ; l'importance accordée à l'expérience personnelle, l'implication du corps, le rejet du formalisme et de l'abstraction, le recours au discours direct sont autant de traits qui peuvent aussi bien caractériser le travail de Sadie Benning que celui de Kiki Smith, Renee Green, Nan Goldin ou beaucoup d'autres. La comparaison avec les années 70 a ses limites, notamment en ce qui concerne l'engagement politique et la foi dans les utopies, mais la ré-émergence, dans des champs limitrophes de l'art (vidéo, photographie, multimédia), d'un art personnel, narratif, psychologique et féminin est un fait largement avéré et discuté aux Etats-Unis. Sadie Benning s'est inscrite dans ce courant, avec la fraîcheur et la vigueur d'une toute jeune fille mal dans sa peau. Elle est très lucide à ce propos, elle qui déclarait en 1995 à un journaliste : "Je suis jeune, je suis gay... je suis tout ce qui est hot dans le monde de l'art actuellement." (LLH)

It wasn’t love, 1992 - Vidéo VHS / Pal noir et blanc - 20 minutes

 

Sadie Benning - It was'nt love - 1992

 


A place called lovely, 1991 - Vidéo VHS / Pal noir et blanc - 14 minutes

 

A place called lovely - Sadie Benning

Haut de page

CRAC

CENTRE RÉGIONAL D'ART CONTEMPORAIN OCCITANIE / Pyrénées-Méditerranée

26, Quai Aspirant Herber
34200 SÈTE - France

crac @ laregion.fr
Tel : 33 (0) 4 67 74 94 37
fax : 33 (0) 4 67 74 23 23

Horaires d’ouverture :

Ouvert  tous les jours sauf le mardi, de 12h30 à 19 h - Samedi, dimanche de 14 h à 19 h.

 

 

 

 

Le centre d'art sera fermé pendant l'accrochage de la prochaine exposition collective Tempête du Lundi 25 septembre au Vendredi 24 novembre 2017 à 18h30, jour du vernissage.

 

Invitation au CRAC de Carole Delga - mardi 18/7/2017 19h


Membre de d.c.a. association française du Développement des Centres d'Art

 

MEMBRE DU Réseau d'ARt contemporain     en Région occitanie