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Artistes

Isidore Isou

Isidore Isou

Né(e) en 1925
à Botosani (Roumanie)
Décédé le 28 juillet 2007, à Paris

Isidore Isou son vrai nom Jean-Isidore Goldstein est de nationalité française, il est  poète, fondateur du lettrisme, et cinéaste.

Fondateur du mouvement Lettriste (post-Dadaiste et pré-Situationniste), Isidore Isou, immigré roumain parti à l’assaut des cercles avant-gardistes, publie en 1951 le Manifeste du Cinéma Discrépant pour défendre son film réalisé l’année précédente : Traité de bave et d’éternité.

Il clame qu’il faut "briser l’unité des deux piliers du film, le son et l’image et les présenter en opposition l’un à l’autre… Aller au delà du synchronisme harmonieux, vers l’antisynchronisme du montage discrépant".

"Isidore Isou, qui fréquentait la toute nouvelle Cinémathèque Française, adorait le cinéma et avait envie de faire un film. Il emprunta une caméra et réalisa son grand rêve qui était, au niveau des vues cinématographiques, de rendre celles-ci caduques en tant que reproduction du réel, c'est à dire de faire de celles-ci des supports à des manifestations diverses, et donc montrer que ce qui est important, comme dans la poésie, ce ne sont plus les ensembles - le poème, le mot- mais l'émiettement des particules. De la même façon qu'on avait fait un sort à la lettre en poésie, au cinéma, on ne s'intéressait plus à l'ensemble, le plan, par exemple, mais à sa destructuration, à son émiettement. De façon plus générale, il faut se reporter à la théorie d'Isidore Isou, à savoir que pour lui, tout art passe par deux périodes : une première dites "amplique" de construction, donc d'amplification, et la seconde dite "ciselante", de repliement et de parcellisation, de recherche des pratiques fondamentales d'un art : la lettre dans le cas de la poésie, dans le cas du cinéma et de la photo, le grattage du support, donc des particules physico-chimiques"
Propos de Frédérique Devaux recueillis par Eric Paul dans Patriote-Côte d'Azur, Nice, Juin 1993.

Isidore Isou a fondé, avec Maurice Lemaître, Guy Ernest Debord et Gil. G. Wolman, le mouvement dit de l' Internationale Lettriste. L'Internationale Lettriste est une Avant-Garde qui s'attaque à tous les fronts esthétiques qui lui sont contemporains : littérature, poésie, cinéma, musique, arts plastiques … 1951 est, certainement, l'année la plus hargneuse du mouvement lettriste : entre autres choses : Isou publie le Manifeste du Cinéma Discrépant et diffuse, dans les marges clandestines du festival de Cannes, son film : Traité de Bave et d'éternité. La pellicule y est ciselée - rayée - et l'histoire tout à fait discrépante - entendons par ce néologisme isouïen que la discrépance guerroye contre l'idéologie narrative. La projection fut un scandale, une émeute presque, que seul le Président de cette séance-pirate, Jean Cocteau, parvint - laborieusement - à calmer.
Revoir maintenant Traité de bave et d'éternité, c'est se rendre compte, entre mille choses, de ceci : tout l'avenir du cinéma expérimental est déjà là, dans cette bande. Et il est déjà là, quelles que soient les directions "expérimentales" auxquelles on puisse songer. Traité de bave et d'éternité est donc plus qu'une curiosité d'anthologie : c'est un fondement, un film "énaurme" (adjectif flaubertien). C'est même plus encore que cela : c'est un film programmatique qui annonce et décide de tout ce qui lui succédera. Aussi peut-on se réjouir, avec Isidore Isou lui-même, que son désir d'Avant-Garde ait bel et bien fonctionné.
Stéphanie Eligert

"Je crois premièrement que le cinéma est trop riche. Il est obèse. Il a atteint ses limites, son maximum. Au premier mouvement d'élargissement qu'il esquissera, le cinéma éclatera ! Sous le coup d'une congestion, ce porc rempli de graisse se déchirera en mille morceaux. J'annonce la destruction du cinéma, le premier signe apocalyptique de disjonction, de rupture, de cet organisme ventru et balloné qui s'appelle film."
Isidore Isou, Traité de bave et d'éternité, in Oeuvres de spectacles, Paris, N.R.F., 1964, p.151.

"La photo discrépante abandonne le positif de la réalité et, en dépassant la platitude donnée de l'image du modèle, s'attaque aux particularités de la matière même de l'instantané reproductif, à la composition mécanique du négatif. La photo cidelée ne résulte pas d'un apport mécanique, étranger à l'expression esthétique du cinéma. Elle est la conclusion d'un approfondissement de la particule esthétique […], elle représente un élargissement ou un approfondissement des bases esthétiques de la particule de cinéma. La première constatation qu'il faut faire est celle-ci : le cinéma, art jeune, entre dans la catégorie des arts vieillis. Il faudrait dépasser les poncifs et s'habituer à cette nouvelle vérité."
Isidore Isou, "l'esthétique du cinéma", revue Ion n°1, 1952, p.45.

 

Exposition : Dialogue Vincent Beaurin / Eric Fabre - 09.04.2005 > 29.05.2005

Le mur des amoureux, Isidore Isou 1963 - 2005 - "Isou à Beaubourg", Film Léonard 1996




Éric Fabre a choisi de montrer un film de Léonard, “Isou à Beaubourg” de 1996, un tableau de 1963 et et “Le mur des amoureux”, œuvre super-temporelle, conçue en 1965 et activée pour la première fois aujourd’hui. Il s’agit un mur sur lequel tout le monde pourra écrire le nom et les qualités des êtres aimés.
En 1960, partant de l’idée qu’une œuvre achevée est toujours la négation des œuvres à faire, Isidore Isou a complété l’art infinitésimal par un support de même nature : “le cadre super-temporel, c’est-à-dire des cadres vides offerts à tous les “amateurs” successifs, pour qu’ils puissent, eux mêmes ou leurs amis, les utiliser en les surchargeant d’œuvres picturales ou composées d’autres matériaux, les compléter, les recommencer, les délaisser, les recommencer encore, à l’infini, pendant des années et des siècles.”
L’ensemble de ces oeuvres entrent subtilement en résonance avec tous les éléments qui participent et qui constituent le dispositif de Vincent Beaurin.

 

 

Exposition : ...confiture demain et confiture hier. mais jamais confiture aujourd'hui … - 03.05.2002 > 26.06.2002


Traité de bave et d'éternité, France, 1951, 120' , 16 mm
Avec Jean Cocteau, Jean-Louis Barrault, Marcel Achard, Blaise Cendrars Réalisé par Isidore Isou



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