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Artistes

Runa Islam

Runa Islam

Né(e) en 1970
à Dhaka au Bengladesh
Vit et travaille à Londres, Royaume Uni

 

 

 

 

 

 

 

Runa Islam s’inspire d’une culture cinéphile, en revendiquant l’influence de Fassbinder, Godard et Antonioni. Pour autant, elle n’en développe pas moins une œuvre qui, tout en explorant les mécanismes de perception, se concentre également autour des relations amoureuses, qu’elle analyse en même temps qu’elle en réaffirme la teneur émotionnelle. C’est sur cette frange paradoxale que Runa Islam se situe, entre l’analytique et le sensible, qui se renforcent l’un et l’autre, dans une œuvre centrée autour de la relation homme-femme et sa dimension sado-masochiste, ou encore la relation dans l’absence, lorsque le spectateur n’est pas convoqué comme acteur de la dyade. Son installation Tuin (6’ en boucle), 1998, est ainsi basée sur une scène de Martha de Fassbinder. Le plan à 360°, correspondant à la scène du film où l’homme et la femme se retrouvent dans un parking, a été transposé dans un jardin d’Amsterdam. Le remake en 16 mm s’accompagne des vidéos du point de vue de chaque acteur, instaurant ainsi une dialectique entre objectif et subjectif. Médiatation autour d’un film et, en même temps, drame psychologique, Tuin redouble le contenu émotionnel de Martha, exacerbé par la diffraction. Le même principe est au cœur de Director’s Cut (Fool for Love), 2001. Deux écrans côte à côte représentent la répétition dans un théâtre de la pièce de Sam Shepard, Fool for Love. Deux amis d’enfance, un homme et une femme, se revoient après plusieurs années. Face au metteur en scène, plusieurs couples d’acteurs rejouent la scène des retrouvailles, mêlant des sentiments d’attraction et de répulsion, d’amour teinté de haine. La visibilité des dessous de la pièce, des décors et du processus même de sa mise en œuvre, provoque une mise en abîme propice à l’amplification des affects, redoublée par la répétition même des répliques. Les phrases lancées dans un climat paradoxal – I love you/ I hate you ; Don’t go/ I am going -, voire hurlées par les acteurs, contribuent à électrifier la scène, déjà éclatée par la double projection. Réutilisant la technique du temps mort cher à Antonioni, auquel elle rend hommage par son titre, Dead Time évoque à l’inverse une relation marquée par l’absence, une dyade brisée, symbolisée par une bague que la protagoniste féminine, allongée de profil sur une table, fait tourner comme une toupie. Cette perte de l’objet du désir est également au cœur de Turn (Gaze of Orpheus), 1998, une vidéo projection en boucle où une jeune fille de dos se tourne lentement vers le spectateur avant de se détourner, brisant l’échange de regard. Le mythe d’Orphée qui va chercher Eurydice aux Enfers, mais ne résiste pas à se retourner pour regarder sa bien-aimée, est ici rappelé pour montrer que le regard est déjà une relation. Runa Islamcorrobore ainsi l’analyse des affects vues par le romantisme allemand d’un Novalis. L’œil est avant tout " l’organe d’expression des sentiments " (1). Christine Macel

(1)- Novalis, "Poéticisme", in Le Monde doit être romantisé, éditions Allia, p.45.

 

 

Dead Time, 2000 - 16 mm

 

Dead time, 2000 - Runa Islam

 

 

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