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Artistes

Antoinette Ohannessian

Né(e) en 1960
à Abkazie (ex URSS)
Vit et travaille à Paris.

Antoinette Ohannessian opère directement dans l’ordinaire et tente de faire résonner l’infinité des phénomènes à peine visibles dont nous faisons chaque jour l’expérience ; si la question du langage est particulièrement présente, c’est parce que, expression de la pensée, le langage est un instrument de la maîtrise pratique du réel, un moyen de maîtriser le monde. Il crée l’illusion de la connaissance du monde.


Guide de l’observation détaillée, 2003 est un diaporama mural d’images de 50 phrases environ projetées en boucle sur un mur du centre d’art. Sans début ni fin, dans une continuité, cette œuvre est une invitation à la promenade. Lawrence Weiner construisait le langage comme un objet, le concevant comme le véhicule rationnel et social de toute communication. Ici les phrases ainsi projetées font appel à un exercice de vigilance pour appréhender le réel, réel ressenti et transmis comme des haïkus visuels à la mesure de notre perception. La mesure du temps, de l’espace, des sons mais aussi des émotions, se perçoit à notre échelle, celle de notre corps évoquant d’une certaine manière les wall paintings de Birgir Andrésson qu’il réalisa lors de l’exposition En dehors des cartes, 2000 au Crac : 4 peintures de paysages matérialisées par 4 monochromes de couleurs génériques et leurs titres . Si les wall paintings de Birgir Andrésson nous situaient au cœur de chacun de ces paysages minimalistes, les phrases d'Antoinette Ohannessian nous convient à un voyage à travers une multitude d’infimes instants que tout un chacun a pu percevoir ou pas, ça et là, de façon fugitive . La succession et l’enchaînement de ces évocations agissent comme une accumulation de l’imperceptible, du fugace, de l’éphémère que constitue le réel.

 

Une suite d’hésitations, 2003 est une vidéo de 7 minutes présentée sur un moniteur. Il s’agit d’une suite de séquences très courtes interrompues par un blanc de quelques secondes. Ici, jouer du piano est une possibilité à montrer l’hésitation du geste. L’erreur est mise en exergue par la main qui cherche. Elle montre la diversité de ces instants-là propres à chacun comme un catalogue d’hésitations toutes aussi imprévisibles qu’émouvantes, de notre rapport à l’affirmation de quelque chose qui nous échappe.

 

Quand on met une chose contre une autre elles se touchent, 1998 beurre sur bois, 122 x 250 cm.

 

Un mur interrompu par une planche, 2001 beurre sur bois, 120 x 200 cm.Une planche qui retient sa chute, 2001 beurre sur bois, 120 x 200 cm.

 

Une planche presque posée, 2001 beurre sur bois, 120 x 200 cm.Un mur qui courbe une planche, 2001 beurre sur bois, 120 x 200 cm.

 


Antoinette Ohannessian présente une série de cinq peintures mise en espace comme des sculptures. À travers une pratique minimale, l’artiste trace des phrases en lettres capitales à l’aide d’un pinceau recouvert de beurre sur des planches de contre-plaqué ou d’aggloméré parce que la peinture fait disparaître le bois, le recouvre ; elle le tache. Ces panneaux de bois dissemblables sont associés par la superposition et liés entre eux par la phrase qui s’y inscrit. 
"Les œuvres d’Antoinette Ohannessian racontent notre impossibilité à entretenir des relations fructueuses avec le monde, et notre capacité à le voir tel qu’il est. (…) A. Ohannessian veut toucher, corriger, modifier aussi peu que possible les choses qu’elle entend montrer. (…) Au-delà de la tautologie inspirées par les néons de Joseph Kosuth , on a une méthode : essayer de voir ce qui se trouve autour de soi ; trouver un moyen de le montrer ; réagir à ce qui se montre. Rien de plus". Le langage agit comme un outil optique. 
"Ces constats ne naissent pas d’une réflexion abstraite, mais d’une attention intense. (…) Simple exemple de ce " Modulor mental " que forme le travail d’Antoinette Ohannessian. Ses œuvres dessinent elles aussi un système gradué d’agencement du regard dans l’espace. Ils relèvent l’inscription du corps dans l’espace, mais surtout ils offrent un modèle de perception de l’ordinaire : - tracé de la position des membres par rapport aux objets les plus anodins - mise en évidence des contacts, des intersections, de la situation des choses les unes par rapport aux autres. (…)

 


Antoinette Ohannessian invente la sculpture blanche, une pratique du montage qui relie entre eux des moments qui ne se touchent pas, puisque rien ne se touche, ou des énoncés qui ne se raccordent pas puisqu’il faut désassembler les choses afin de montrer qu’elles se réunissent. Pathétique. " Dire l’incapacité de dire ", marmonnait Beckett. Il n’y a rien à dire. Rien qu’un regard à jamais condamné à buter sur quelque chose, puisqu’il n’est pas foutu de voir ce qui existe entre lui et cette chose du moment où il la regarde". Extrait de Nicolas Bourriaud, "Politiques de l’ordinaire sur les travaux d’Antoinette Ohannessian", in cat. Antoinette Ohannessian, Trafic Frac Haute-Normandie, Sotteville-lès-Rouen, 1998.

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