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Artistes

Suzanne Lafont

Né(e) en 1949
à Nîmes
Vit et travaille à Paris.


Embarras, 2003, 4 images, sérigraphies, 200 x 160 cm. Production Centre régional d'art contemporain LR, Sète.


Ces photographies sérigraphiées appartiennent à un "cycle" amorcé en (date du début du projet). L'artiste accorde une longue préparation à la réalisation de ses images et privilégie ici le grand format à l'instar des séries Les souffleurs et Chœur des grimaces (1992). Embarras montre le spectacle d'un acteur aux prises avec une chaise longue qu'il tente avec difficulté de déplier. L'objet semble animé, doté d'une vie propre. Il résiste à l'assaut du personnage qui, empêtré dans sa manœuvre, se retrouve piégé. Les égratignures laissées au sol attestent de la lutte. Pour l'artiste, les Embarras "sont des manipulations d'objets toujours mises en échec" . Cette œuvre, dans laquelle Suzanne Lafont observe le dynamisme à partir d'un élément statique, témoigne de ses préoccupations depuis le début de sa pratique consacrée à la photographie. En effet, alors que ce médium est par définition figé, paradoxalement, c'est le mouvement qui l'intéresse. Dans cette série, comme dans Le défilé (1995-1997), elle parvient à le rendre visible grâce à un long temps de pose et en le décomposant dans un ensemble de gestes qui relève de la chorégraphie. Dans son agitation, le corps apparaît dédoublé, ses limites deviennent floues et indéfinies laissant une des deux images du personnage plus enfoncée que l'autre dans l'obscurité, proche de la disparition. Le travail de la lumière est déterminant : le jeu des contrastes participe à la représentation du mouvement qui se dégage lorsque la lumière est insuffisante. Dans cette mise en scène, qui évoque le cinéma burlesque (Buster Keaton, Jacques Tati), l'appel au spectateur est présent : qui ne s'est jamais "battu" avec une chaise longue pour l'ouvrir ? Il se crée ainsi dans le rapport entre la figure dans l'image photographique et celle du spectateur un lien de familiarité qui passe par le regard et le point de vue.

Embarras illustre les recherches de l'artiste articulées autour de la notion d'antinomie et résulte d'une réflexion sur le langage du geste qu'elle explore également dans la série Episodes.

 

 

Episodes, 2001, sérigraphies sur PVC montées sur châssis aluminium, 50 x 33,3 cm.

 

Episodes réunit cinq séries de photographies sérigraphiées sur PVC. Ces images présentent des silhouettes en ombres chinoises associées à un mot, écrit en lettres capitales, figurant en bas de l'image tel une légende. Le dispositif utilisé consiste à inscrire un mot sur une planche, et, comme dans un théâtre d'ombres, le personnage mime le mot indiqué. Face à la précision du langage et à l'approximation du geste, l'artiste décide d'exploiter cette réalité en réutilisant le même geste pour illustrer des mots différents. Son utilisation des mots pourrait être une extrapolation de la technique cinématographique du procédé "amélioré" de Koulechov et Podovkine , sans la représentation des visages, en se limitant à l'expression du geste. Ici, Suzanne Lafont reprend ce procédé du montage, les mots remplacent les images intercalées par les cinéastes russes. Ainsi, par l'association du mot et du geste, l'expression de ce dernier prend du sens, comme le titre d'une œuvre induit du sens. Dans la représentation du geste, l'artiste explore de nouvelles possibilités grâce à la "découverte récente et forte" de l'introduction du langage dans son travail. La série Voisins (2001) constitue pour elle un moment charnière. Elle voulait réaliser des "images-mots" qu'elle emprisonne dans un châssis ; elle précise "qu'il a fallu les libérer par le langage". Les mots énoncés, Variable, Ordre, Rien, sont "génériques, ils renvoient aux notions de loi, de représentation, de plein et de vide. A l'intérieur de chaque terme, chaque lettre est l'occasion d'une entrée et ouvre un épisode. Les mots, animés par des ombres, deviennent le théâtre de scènes singulières et accessoires, où s'exécutent joyeusement les actions que souffle la proposition ludique …'. La répétition entraîne les [trois] termes énoncés dans l'aventure d'épisodes inédits".

 

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