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Artistes

Juan-Manuel Echavarria - Voix Off

Juan-Manuel Echavarria

Né(e) en 1947
à Medellin, Colombie
Vit et travaille à Bogota, Colombie et New York, USA

 

 

 

 

Dans l'exposition Voix off, Juan Manuel Echavarria présente la série vidéo Bocas de ceniza (Bouches de cendre) de 2003. En 1996, Juan Manuel Echavarria se détourne de la plume et de la solitude de l'écrivain, après 20 ans de pratique. Il s'empare du langage de l'image photographique et vidéographique afin de transmettre une autre parole sur la violence qui règne dans son pays, la Colombie, depuis plus de 50 ans.Dans la série Bocas de ceniza, des hommes et des femmes afro- colombiens, témoins et survivants de massacres survenus dans les départements de Choc et de Magdalena, en Colombie, racontent leur histoire en chantant à cappella des chansons qu'ils ont composées. Le chant, comme mode d'expression et exutoire à la violence de la guerre civile, s'est imposé d'autant plus naturellement aux paysans des côtes colombiennes qu'ils sont des sans-voix ni vote. Écrire et chanter leur douleur est une véritable catharsis. Juan Manuel Echavarria découvre cette pratique au contact de Dorismel Hernandei, un des "Deux frères", qui chante une chanson dans laquelle il remercie dieu de l'avoir sauvé du massacre de Magdalena. À la recherche d'autres témoignages chantés à filmer, Juan Manuel Echavarria découvre les chanteurs du village de Bojayà après le massacre du 2 mai 2002. 119 personnes, dont 45 enfants, ont été tués dans le bombardement de l'église où ils s'étaient réfugiés pour se protéger des affrontements armés entre les FARC et les groupes paramilitaires.

La poésie des chants réussit à transfigurer la violence et la haine. Ces personnes retrouvent une dignité que la guerre leur avait arrachée. Une très grande humanité se dégage de ces êtres qui témoignent de in h u man iré.Aucun décor, pas d'artifice : les visages se détachent sur un fond blanc. L'important réside dans le vrai : les voix, les paroles, les yeux, reflets des horreurs vécues. Les larmes sans retenue, les tremblements du visage, le regard qui a vu l'innommable et l'impensable, parlent d'eux-mêmes.L'art de Juan Manuel Echavarria vise à susciter une prise de conscience, à transcender la violence généralisée de la société colombienne. La question de la représentation de cette violence est le pivot autour duquel se construit son travail. L'ensemble de son oeuvre revêt une dimension poétique et esthétique qui va à l'encontre du sensationnalisme des médias dans leur traitement des massacres, des kidnappings et des flux de réfugiés. Les chants de Bocas de ceniza, la véhémence de leur beauté et vérité, sont apparus à Juan Manuel Echavarria, en écho à sa quête artistique, comme un antidote à la barbarie.Dans Bocas de ceniza, Juan Manuel Echavarria fait passer l'écriture à l'image par le chant. Il détourne une forme médiatique du traitement de la mort à grande échelle : le témoignage à l'écran. Ici, le -flouttage" des visages ou le cache sur les yeux n'est pas de mise, la profondeur des regards est inévitable. A la fin de chaque chant, alors que la personne s'est tue, apparaissent à l'écran les précisions écrites d'identité du témoin, de temps et de lieu. Les mots écrits, ritournelle implacable et sans détours, ancrent toujours plus le témoignage dans le réel : "Rafael Moreno témoin des déplacements du fleuve Atrato (Chocé, Colombie) chante cette chanson composée par lui-même ; Luzmyla l'alacio chante cette chanson composée par elle-même après avoir été déplacée de Jurad6 (Chocé, Colombie) ; Domingo Mena témoin du massacre de Bojayà (Chocé, Colombie) chante cette chanson composée par lui-même ; Vicente Mosquera témoin du massacre de Bojayà (Chocé, Colombie) chante cette chanson composée par lui- même ; Noel Gutiérrez, témoin du masscre de Bojayà (Chocé, Colombie) chante cette chanson composée par lui-même ; Nacer et Dorismel Hernandez, survivants du massacre de Magdalena, Colombie, chantent cette chanson composée par eux-mêmes",Derrière cette réalité générale à tous les témoins, Juan Manuel Echavarria montre des visages et des êtres, dont la parole est singulière et s'éclaire différemment les uns par rapport aux autres.A limage des chants, le titre Bocas de ceniza est une métaphore poétique de la violence. Bouches de cendre est le nom donné, par les conquistadors espagnols, à l'embouchure de la rivière Magdalena, le jour de sa découverte, le mercredi des Cendres dans le calendrier catholique. Funeste augure pour ce fleuve long de plus de 1550 kilomètres qui, depuis 50 ans, charrie des milliers de corps jetés aux oubliettes de l'Histoire.

 

Exposition thématique " VOIX OFF " - Juan-Manuel Echavarria 16.10 > 31.12.200


Bocas de Ceniza / Bouches de cendres

2003–2004 - Durée :18:15 min

 

Voir le film en cliquant   ICI

 

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