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Artistes

Exposition monographique : Regarder la mer - 26.10.12 > 13.01.13

Marcel Dinahet

Né(e) en en 1943
à Plouigneau, Finistère
Vit et travaille à Rennes, Ille & Vilaine

"Le domaine d'investigation de Marcel Dinahet - littoral et fonds marins - en a longtemps fait une figure atypique de l'art contemporain. Si ses premiers travaux abordaient plus spécifiquement - et de façon originale - la sculpture, avec des expériences d'immersion d'objets, le passage au médium vidéo marque pour l'artiste à la fois l'aboutissement d'une recherche et son inscription formelle dans des préoccupations très actuelles. (…) Si les fonds sous-marins sont les lieux par excellence de la perte des repères, Marcel Dinahet explore ce déséquilibre dans les oeuvres plus récentes en s'emparant de phénomènes. physiques". extrait de Sophie Duplaix in cat. "Images mobiles", Centre d'art de Nicosie, Chypre, 2000

"Marcel Dinahet nous transporte vers l’expérience du voir comme dessaisissement du visible, grâce à une image qui cherche une visibilité ; cela passe par le retrait de son propre regard, le retrait d’une intentionnalité de son regard, une sorte de régression. La caméra, décollée de l’œil touche le réel sans le savoir ; c’est le dispositif de l’artiste - depuis la prise vue jusqu’à la scénographie de l’exposition, en passant par le choix des durées - qui réorganise ce chaos de l’image sans intention, et qui laisse apercevoir une visibilité, une conscience des choses et de leur mouvement. Travail de l’art". extrait de Françoise Parfait in cat. Marcel Dinahet, "À Château-Gontier", Chapelle du Genêteil, Château-Gontier, 2002

 

Réalisation vidéo © Aloïs Aurelle - octobre 2012

Exposition : Regarder la mer

 


De sète à Cerbère, 1993 vidéo 5'30"

Performance dansée  "Regarder la mer" par les étudiants du Master "Etude chorégraphique Ex.e.r.c.e" - Centre National Chorégraphique Montpellier Languedoc-Roussillon - 16 novembre 2012 - Photographies & vidéo  © Marcel Dinahet


Salle 1  - Regarder la Mer 2, 2012  - 9 formats 4 x 3m – Courtesy Galerie Les Filles du Calvaire, Paris & Galerie Domobaal, Londres

Salle 2  - 1. Regarder la Mer, 2012  - vidéo, 7'17"

Salle 2  - 2. Regarder la mer 1, 2012 Partenaire : ex.e.r.ce — Centre chorégraphique de Montpellier - vidéo 1 : 3'13" ; Vidéo 2 : 3'32"

Salle 5  -  Les finistères, 1999 - vidéo : 40' - Collection FNAC

Salle 5  -  Famagusta Varosha (1)-(2), 2009 - vidéo 1 : 4'33" ; Vidéo 2 : 54" Courtesy Galerie Les Filles du Calvaire, Paris / Galerie Domobaal, Londres - Production : Suspended spaces

Salle 6 - 1. Beyrouth, 2011 - vidéo : 6'06" - Courtesy Galerie Les Filles du Calvaire, Paris / Galerie Domobaal, Londres - Production : Suspended spaces

Salle 6 - 2. Le phare - Beyrouth, 2011 - vidéo sur moniteur : 1'18" Courtesy Galerie Les Filles du Calvaire, Paris / Galerie Domobaal, Londres - Production : Suspended spaces

 


« Regarder la mer c'est regarder le tout »  Marguerite Duras

Comment et d'où regardons-nous la mer ? Que voit-on lorsque nous la regardons ? La question du point de vue, du regard et de l'expérience suscitée par le paysage littoral est au cœur de l'exposition « Regarder la mer » de l'artiste Marcel Dinahet. Par un renversement du point de vue terrestre habituel, c'est le rivage vu depuis la mer que les photographies et vidéos de Marcel Dinahet nous montrent : ce point de friction entre la terre et l'eau, depuis lequel des immeubles « regardent » la mer. Des lieux singuliers du territoire littoral acquièrent une spatialité indéfinie qui interroge le rapport de l'homme au lieu.

Les lieux qui apparaissent dans l'exposition, le littoral languedocien, Chypre, Beyrouth, les « finistères » de l'arc atlantique, font partie d'un vaste corpus de littoraux que l'artiste a explorés et parcourus en France, en Angleterre, en Russie, en Chine, etc.. L'expérimentation sur terre et dans la mer3 de l'espace littoral est un préalable indispensable à sa démarche. Les données physiques sont le point de départ à la vidéo qu'il pratique depuis le début des années 1990 dans le prolongement de la sculpture. Dans sa première vidéo sous-marine Escales (1991), « On y voit des sculptures immergées autour desquelles il tourne et qu'il filme dans l'instabilité d'un corps soumis aux lois de la pesanteur des fonds marins. […] On s'aperçoit tout de suite qu'il s'agit là moins d'un paysage ordinaire, fût-il sous-marin, que d'une tension entre un corps et un objet, un processus de sculpture, une action. »4 Marcel Dinahet désolidarise son regard de l'objectif de la caméra pour filmer le paysage du point de vue du corps. La caméra, en contact avec les éléments du paysage,  « impressionne» à l'image les mouvements et le son des déplacements d'un corps. Libérée de l'autorité du regard, l'image laisse toute latitude au spectateur pour prendre position dans le paysage.

En introduction de l'exposition, l'installation in situ intitulée Regarder la mer est composée d'une série de photographies collées au mur prises sur le littoral languedocien entre Agde et la Grande Motte. Immeubles et maisons construits pour leur point de vue privilégié sur la mer la «regardent». Ce projet s'inscrit dans la démarche d'exploration du littoral languedocien initiée par l'artiste en 1993 lors d'une résidence aux Ateliers de la Villa Saint Clair à Sète et s'est poursuivie dans le cadre de l'exposition collective L'endroit du regard présentée au CRAC en 2004. La frontalité horizontale de la photographie objective, orthonormée comme l’architecture, accentue la valeur d’image du paysage. Le spectateur est mis dans la position de l’observateur du rivage. A l'entrée de la salle, une affiche de dimension homothétique avec le mur et l'absence de recul projettent le spectateur dans une photographie du littoral à Sète. Alignées autour de la salle, les photographies grand format jouent avec une vision panoramique du paysage pour mieux la déconstruire. Les points de vue multiples morcèlent la vision d'ensemble, dans un mouvement circulaire, introduisant rythmes et soubresauts proche de la succession des plans séquences du cinéma. L'axe centré de la vision est bousculée : la lumière change, le niveau de la mer bouge d'une photographie à l'autre. La ligne de démarcation entre la mer et la terre est brisée par les constructions du paysages.

 

Photographies © Marcel Dinahet - oct 2012

Photographies © Marcel Dinahet - oct 2012

 

 

 

 

Exposition : L'endroit du regard


La traversée, 2002, 5' - film - ateliers internationaux, Frac des Pays de la Loire

Cette vidéo est présentée en projection dans une petite salle noire à l’entrée du Centre d’art. Un point de vue unique place le spectateur au centre d’un long couloir traversant d’un bateau en mouvement. Ce couloir se termine sur une porte ouverte. Le paysage, réduit au cadre de cette ouverture, défile avec une grande lenteur. Le spectateur est directement plongé dans le dispositif du conteneur, ici redoublé par la chambre noire. L’expérience est altérée par le mouvement très lent et déstabilisant de la manœuvre du bateau ; le son du moteur omniprésent provoque une sensation étrange de l’insaisissable paysage et de son déplacement.

 

Marée basse, 2003, 1'40" - vidéo

Cette vidéo présentée en boucle sur un moniteur, montre une image abstraite en mouvement. Difficilement identifiable, le regard persiste. Clapotis provoqués par les pas dans l’eau à marée basse. Le son prend toute son ampleur dans cette image plein cadre, il fait corps avec l’eau nous permettant d’adhérer pleinement à sa matérialité.

 

Claire, Enna, Alice, Delphine, Caroline, Anaïs, Céline, 2003, 9' film - Villa Saint-Clair, Sète

Portraits immergés dans une piscine, les visages des jeunes filles envahissent l’écran. Les corps se déplacent avec une infinie douceur. La caméra les filme de face, en plan rapproché à la limite de la ligne de flottaison : tête-poisson se heurtant contre les parois de son bocal, visage souriant sous l’eau, cheveux filant autour du visage comme des algues… Ces portraits saisis dans cet espace-temps du dessus/dessous, de cet univers aquatique (perception du ralenti) sont comme des faces à faces étrangement émouvants. La ligne de flottaison démarque l’espace du réel d’un autre espace de l’ordre de l’intime, celui de l’abandon du corps dans cet univers aquatique. Dessus, dessous, l’effet de miroir de l’eau double ce trouble de la perception des corps.

 

À Sète, à bord du Louis Gaëtane II, 2003, 6' - film - Villa Saint-Clair, Sète.

Marcel Dinahet s’est embarqué sur un chalutier pour une journée de pêche. Les points de vue qu’il nous propose commencent par un paysage : un chalutier en mer. Il le suit dans son déplacement. Une rentrée de pêche, le bateau avance inexorablement poursuivi par les mouettes et les goélands attirés par la cargaison. A cette carte postale succède rapidement, par des plans rapprochés, le produit de la pêche : une masse de poissons. La caméra fixe le frétillement, les soubresauts des derniers instants de vie : l’agonie des poissons. Plein cadre, cette matière organique en mouvement, scintille. La beauté de l'image séduit, et génère en même temps un malaise. Dans le centre d'art, ancien entrepôt frigorifique de poisson, Marcel Dinahet choisit l'espace des anciens tunnels de congélation pour présenter son film, qui prend alors toute sa dimension dans l'emplacement de sa projection. Unique salle qui ait gardé une trace de sa fonction d'origine, ses trois portes métalliques à guillotine, ont été conservées en état de fonctionnement comme une mémoire de l'inscription du bâtiment dans la cité portuaire. Marcel Dinahet transforme ce cube blanc plutôt neutre et froid en une ambiance bleutée. À la limite du réel et de sa représentation, de l’image sublimée à la mise en abîme, l’échelle de la projection nous place au cœur de l’image.

 

Les flottaisons, 2000 - photographies

"Arrêter l'image pour mieux déplacer la vision à l'intérieur du travail, c'est le rôle des photographies réalisées à partir de la vidéo des Flottaisons. Encapsulées dans un film plastique, elles sont des images en suspension qui offrent une vision simultanée d'espaces, une vision globale que ne permet pas la vidéo. Brillantes au point d'en gêner la lecture spontanée, ces images agrandies re-photographiées sur l'écran vidéo, se donnent à voir comme une succession de couches qui génèrent un espace spécifique. Résultant d'une déperdition de l'image, elles traduisent une distance." extrait de Sophie Legrandjacques in cat. Marcel Dinahet, "Les flottaisons", Le grand café, Saint-Nazaire, 2000

 

 

 

 

Exposition PERSONNELLE / LE MILIEU DU MONDE

De cerbère à Sète, 1993
De cerbère à Sète, 1993

 

Projection vidéo en boucle d'un film 8mm transféré en en VHS et DVD - Vue du dispositif de projection dans un container maritime sur le port de Sète sur le parvis du Centre d'art - Exposition personnelle parallèle à l'exposition Le Milieu du Monde - 25.06.1993 > 30.09.1993

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Le centre d'art sera fermé pendant l'accrochage de la prochaine exposition collective Tempête du Lundi 25 septembre au Vendredi 24 novembre 2017 à 18h30, jour du vernissage.

 

Invitation au CRAC de Carole Delga - mardi 18/7/2017 19h


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