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Artistes

Au premier plan : Mathieu Dufois, Memento Mori, dessins - Au fond : Jean Bedez, Apocalipsis Cum Figuris, 2010 - installation 16 illustrations sur drap de bain blanc et porte serviettes

Mathieu Dufois

Né(e) en Né en 1984, à Chartres

Mathieu Dufois étudie les arts-plastiques aux Beaux -Arts du Mans de 2002 à 2007.

2007 - DNSEP (diplôme national d’expressions plastiques) – ESBA Le Mans.

2005 - DNAP (diplôme national d’arts plastiques) – ESBA Le Mans.

Dès lors, il se passionne très vite pour l’outil du dessin qu’il lie très vite aux autres médiums tels que la photographie, le cinéma ou encore la littérature. Son travail se présente sous forme de séries de dessins, de maquettes ou encore d’animations.

 

Rentrer dans les dessins de Mathieu Dufois, c’est rentrer dans une autre temporalité. Celle de la trois dimension, celle de l’image en mouvement et celle d’une autre époque. Car le jeune homme, né en 1984, ne cesse d’être fasciné par les heures glorieuses du cinéma américain des fifties et sixties. Ses héros et ses icônes se nomment Robert Mitchum, Cary Grant, Marilyn Monroe ou Rita Hayworth. Représentatif de sa génération, il a passé une grande partie de son adolescente à regarder des films, mais contrairement à ses aînés, il les visionna uniquement sur magnétoscope ou dvd et ne mit que très rarement les pieds dans une salle de cinéma. D’où cette action innée et intuitive de pouvoir arrêter l’image, de l’analyser, la dupliquer ou de faire des retours en arrière. L’image cinématographique est devenue sa matière première, sa toile. Sa pratique consiste à prendre des photographies d’écrans qui lui servent ensuite pour réaliser ses dessins. Les formats restent volontairement petits afin de ne pas être envahis par le détail. L’important est dans la scène, le déroulé de l’action et l’interprétation qu’il va en donner.

Dans sa réflexion propre au dessin, Mathieu Dufois s’interroge sur sa différence avec la photographie. Son dessin doit atteindre un niveau de précision plus élevé, au niveau émotif et narratif, que celui d’un cliché. On se souvient que l’invention du médium photographique apporta aux portraitistes du 19ème siècle une plus grande liberté, puisqu’ils n’étaient plus tenus de représenter leur personnage avec le plus d’exactitude possible, mais se différenciaient en faisant apparaître les émotions, l’âme, le « portait intérieur ». Mathieu Dufois semble procéder de la même manière et rechercher un ailleurs enfoui, voire même une violence cachée au sein de cette banque d’images. Ses scènes de films américains témoignent aussi de l’envers du décor hollywoodien. Elles dévoilent le revers du glamour à travers une atmosphère lourde et froide. Cadrés au plus prés, ses personnages semblent souvent inquiets, habités. Il octroie d’ailleurs très peu de place au décor du second plan, afin que l’attention soit focalisée d’autant plus sur le personnage principal. Peu à peu, Mathieu Dufois emploie ses propres photographies comme matière première. Elles sont prises la plupart du temps la nuit, à la recherche d’une certaine atmosphère, influencée par le roman noir. Elles sont tirées dans un petit format, afin que le dessin « invente des formes et réalise autre chose ». S’il dessine, c’est aussi parce qu’il aime la matière. Il aime se salir les doigts, employer cette pierre noire, très grasse, qui lui permet de travailler au mieux les effets de contraste et de grain. Il aime la poudre et le papier qui s’effrite.

Ses derniers dessins ont été réalisés dans le but de les monter en un court-métrage qui s’intitule Les Graphitoscopes. Pour les réaliser, Mathieu Dufois se lance dans ses séries avec une grande vitalité, la difficulté étant de maintenir une cohérence entre chaque feuille. Il dit rentrer dans une forme d’inconscience, presque de transe, dans laquelle le dessin prend forme par lui-même. Graphitoscope est le premier volet d’une trilogie à venir. Tout en prenant son indépendance par rapport au cinéma, il prévoit pourtant d’imaginer une scène dont Alfred Hitchcock parla un jour pour La Mort aux trousses, mais qu’il ne réalisa jamais… Cinquante ans après, et même si le jeune artiste affirme ne pas éprouver de nostalgie pour cette période mais vouloir analyser quelle émotion elle procure aujourd’hui, force est de constater que ce cinéma mythique fascine toujours autant.

Marie Maertens

Démarche artistique

Mon travail se nourrit d’un lien très fort et passionnel envers l’art cinématographique ; plus concrètement il s’est imprégné de films issus de l’époque des « films noirs ». En prélevant certaines séquences cinématographiques par le biais du dessin, j’exerce un travail de réappropriation, de reformulation et de recyclage d’images. Mes oeuvres plastiques se dévoilent ainsi sous différentes formes telles que de grandes séries de dessins, des films d’animations, des vidéos ou encore des maquettes.
L’acte de dessiner se veut l’égal d’un geste quasi-archéologique qui ramènerait à la surface, comme une force magnétique, les souvenirs ou la substance émotive d’une époque forgée par une quantité d’oeuvres cinématographiques, maintenant ensevelis dans l’indifférence et le désintérêt, et qui ont pourtant construit l’inconscient collectif de nombreuses générations.

Mathieu Dufois.

Mathieu Dufois au CRAC LR -  vidéo © Aloïs Aurelle - nov 2010.

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