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Artistes

Claude Lévêque - The diamond sea - 2010

Claude Lévêque

Né(e) en 1953
à Nevers
Vit et travaille à Montreuil/Seine et Pèteloup

Claude Lévêque est représenté par la Galerie Kamel Mennour, Paris
galerie@kamelmennour.fr / +33 (0)1 56 24 03 63


 

Exposition collective : La TempêteClaude Lévêque25.11.2017 > 11.03.2018


Exposition La Tempête © CRAC OCCITANIE Sète - Claude Lévêque
Exposition La Tempête © CRAC OCCITANIE Sète - Claude Lévêque - Le Lac perdu

 


 

 

Exposition monographique : The Diamond Sea - Claude Lévêque - 03.07 > 30.10.2010

 

"The diamond sea" © Claude Lévêque - 2010  - vidéo © Armand Morin, 2010 format flv, 512x288 pix, 9'44" - 42.5M°

 

"The diamond sea" © Claude Lévêque - 2010 Réalisation vidéo © Armand Morin, 2010, format flv, 512x288 pix, 9'44" - 42.5M°

Filets de pêche : Dans la première salle, des filets de pêche sont suspendus depuis la hauteur de ce plafond, soulignant la démesure de l’espace : une infinité, un vide où l’on se perd, vertigineux. Tel un labyrinthe, le visiteur parcourt l’espace, s’imagine perdu : “c’est une forêt, un passage, un abysse.” Etre pris dans des filets est une métaphore de la capture, du piège : ils retiennent, et parfois, par chance, laissent s’échapper. Au centre de la salle, au dessus de nos têtes, la lumière est renvoyée par une sphère constituée d’une multitude de bris de miroirs qui vient consteller les murs, les filets, les visiteurs de taches blanches, créant du mouvement par fragmentation de la lumière. Une boule à facettes comme une lune brisée par les flots, puis recollée sur un globe. Au mur, lunaire, elle devient ronds noirs aux halos blancs : une éclipse. Ces milliers de petits bris de miroirs, évoquent l’instabilité des formes du monde, de l’être et sa perte d’unité. Un miroir crée de la métamorphose, un temps immédiat, une déformation de la perception. Reflétant des silhouettes en morceaux, coupées et éclatées, il est parfois associé à la mort, à la malchance. On s’y perd, on y plonge. “Le miroir est un abîme. C’est un objet qui attire et propose une révélation, une illumination en même temps qu’une autodestruction par rapport à cet abîme.”

 

Couronne d’épines : Eloigné de nous, inaccessible, un cerclage de métal en mouvement, transpercé de flèches, est suspendu, tel la “vision d’une planète ou d’un soleil énergisant – une idée du cosmos.” C’est une menace, une planète rayonnante et tournoyante, comme maléfique. Des stroboscopes nous éblouissent, saccadent cette couronne miroitante, et les aiguilles qui y sont fichées, comme dans une perte d’équilibre, un vertige, tandis que son ombre monstrueuse frôle les murs. En utilisant des éléments liés aux reflets, aux dédoublement, Claude Lévêque utilise “ce qui va de l’aveuglement au scintillement : le jeu de l’éblouissement est un jeu de l’aveuglement.” La lumière permet de souligner l’obscurité, tandis que l’obscurité souligne l’inatteignable - invisible la lumière rend visible. Elle permet de mettre en place une fiction, en produisant des transformations, une révélation, du désir.

 

Bateau : Dans le noir, un bateau géant, primaire, vole vers un monde désiré. Fragile, il est tel un périlleux transport. Serein, il est à la fois d’un blanc et d’un bleu soyeux et éblouissant. Fluorescent, il incarne la transcendance et l’immatériel. Un bateau – métaphore du voyage, de la transformation - en origami “est un objet volatile. C’est un pliage, une représentation basique. Une forme qui se prête au rêve, à l’irréalité. Comme pour être à la lisière d’évocations. Un bateau est un objet de transport, un réceptacle, un tombeau.”

On entend un fragment linéaire et ondulant de l’adagio dela symphonie N°5 de Gustav Mahler – utilisé par Visconti dans Mort à Venise. Orageuse et plaintive, cette symphonie serait une lettre d’amour musicale adressée à sa femme, emprunte d’un caractère funèbre dû au grave problème de santé de Mahler. Cet adagio, note Alain Badiou, “est aussi bien l'achèvement distendu, exaspéré, d'une totale mélancolie, de la symphonie tonale et de son appareillage de timbres (ici, les cordes seules).”

 

Licorne, Carabine : Une licorne et une carabine en inox polymiroir, tournent lentement, suspendues en l’air. Ces images sont comme de merveilleux jouets. Animal féerique versus cheval de compétition, carabine sans balles versus stratégies de guerre. Un éclairage direct permet une ombre fixe, noire, qui est poursuivie par son négatif, une ombre éclairante, celle du miroitement de ces images. “Ce sont des surfaces miroitantes et des éléments tranchants, d’aspect menaçant, qui évoquent la lame d’un rasoir. C’est de la séduction et de la répulsion, on est entre les deux – sur le fil du rasoir.”

 

Armoires : Dans une semi obscurité, au centre de l’espace, deuxterrifiantes armoires tombantes et vacillantes, portesouvertes, basculées vers le sol, tenues par leurs ouvertures,sont entourées par le bruit de pas lourds et écrasants d’unedescente d’escalier. Un espace contenant du vivant quitente de fuir, de s’en sortir, pourtant sans échappatoire.Elles figurent le chancellement, la dérive, le naufrage et larelativité de toute forme – de toute connaissance etmorale.Plus loin, l’escalier desservant l’étage est éclairé parl’intermittence de flashs, le rendant irréel, aux ombresépileptiques, tout en accentuant sa matière brute.Oceano NoxDans cette salle noire, à pas feutré, nous écoutons unenfant lire un extrait du poème Oceano Nox de Victor Hugo.Ce poème parle de la disparition des marins “dans une mersans fond, par une nuit sans lune, sous l'aveugle océan àjamais enfoui”, et, que nul ne connaît leur sort dans cet“abîme plongée”. Evoquant “les ténèbres et le naufrage. Ilest à la fois léger et sombre” :“Le corps se perd dans l'eau, le nom dans la mémoire.Le temps, qui sur toute ombre en verse une plus noire,Sur le sombre océan jette le sombre oubli.Bientôt des yeux de tous votre ombre est disparue.”

 

Seppuku : Seppuku est une oeuvre menaçante. La violence se lie ici à une infinie beauté : au japon ce rituel suicidaire se doit d’être aussi pur qu’une fleur de cerisier. Notre société joue avec la paranoïa, la terreur et la peur et vis-à-vis de cela, pour Werner Schroeter, dans le suicide “regarder la mort en face est un sentiment anarchiste dangereux contre lasociété établie.” Suspendue à plat, cette lame miroitante, nous reflète déformé dans la nudité cruelle de son métal, alors qu’une onde sonore résonne.

 

Porte : Essayer de sortir par les deux battants de cette porte entrebâillée, telle une meurtrière, pour s’échapper, chuter sur le port ou s’y élever et disparaître, car “là où croit le danger, croit aussi ce qui sauve”, écrivait Höderlin. Cette ouverture est la fin d’un parcours, elle nous protège du dehors, le rendant inaccessible. C’est une issue vers lepaysage maritime, vers la réalité de l’extérieur sans tout montrer, puisque ce trait de paysage suffit. Le ciel, ici, pour s’y échapper, quitter la pénombre et la lumière artificielle,pour disparaître, au soleil, en fumée. The Diamond Sea est un conte de fée se terminant par unsuicide, par la “destruction et la disparition.”

 

Timothée Chaillou

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Le centre d'art sera fermé pendant l'accrochage de la prochaine exposition collective Tempête du Lundi 25 septembre au Vendredi 24 novembre 2017 à 18h30, jour du vernissage.

 

Invitation au CRAC de Carole Delga - mardi 18/7/2017 19h


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